Maillé massacre: the 25th of August in 1944

The Massacre of the Innocents by Peter Paul Rubens (1577–1640).

🔗 Ken Thompson the Collector at the Art Gallery of Ontario. Creative Commons. Public domain.

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Paris. Maillé. Un lien historique. Le 25 août 1944 est une date connue dans les livres d’histoire comme marquant la Libération de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Un autre événement s’est déroulé (tristement) ce jour-là : le massacre de Maillé, le meurtre de 124 des 500 habitants de la commune française de Maillé. Le village a également été incendié.

Quel lien avec moi ? La sœur de ma grand-mère paternelle, Antonina Labedz épouse Métais, habitant alors Maillé, a échappé avec son époux, André Métais, au massacre et fait partie des rares (et chanceux ?) survivants. Mais leur maison a été… incendiée. Elle proposera Sonia comme prénom à ma mère pour la naissance d’une jumelle… Moi.

Antonina Labedz va mourir en 1983 (son époux en 1981) ; j’ai alors 5 ans. Je vais m’interroger sur sa mort et aussi sur… sa vie. Une plaque va attirer mon attention :

Plaque commémorative du massacre de Maillé

Durant le deuil, l’envie de comprendre va alors me porter… Quand l’Histoire rencontre son histoire personnelle… L’Histoire peut être bien lourde quelquefois.

Informations sur ce drame inhumain

    • Un documentaire a été réalisé (tout récemment) pour relater ce massacre : “Maillé, un crime sans assassin” (79 minutes, 2011) de Christophe Weber, diffusé dans l’émission Infrarouge, France 2, le 23 juin 2011 (lien web sur un extrait du film).
Image : 25 août 1944 - Maillé, village martyr.
« Maillé, un crime sans assassin » (25 août 1944)

 

  • La Maison du Souvenir de Maillé raconte l’histoire de Maillé, marquée par ce terrible drame (in)humain. Un site web a été créé par une descendante de rescapés du massacre de Maillé mais il n’est plus en ligne malheureusement (http://acroy.club.fr/francais.htm). Néanmoins, un autre site a pu remettre en ligne les témoignages des survivants expliquant notamment… comment la sœur de ma grand-mère paternelle et son époux André Métais ont échappé à la barbarie…
Le cimetière de Maillé, village martyr.
Le cimetière de Maillé, village martyr.

 

  • Quand je peux, je vais me recueillir dans le cimetière de Maillé pour rendre hommage aux victimes de la barbarie nazie. Un monument a été érigé en leur mémoire… Pour ne pas oublier.
Image : 25 août 1944 - Maillé, village martyr.
Le monument à la mémoire des 124 victimes du massacre de Maillé le 25 août 1944.

 

Un hasard incroyable…

Au moment du drame, ma grand-mère paternelle, Marianna Labedz épouse Kanclerski, la sœur d’Antonina, se trouve en Pologne où, juste avant le début de la guerre, elle a donné naissance à… mon père, Jean Kanclerski. Mon père n’a alors pas encore 5 ans : il naît le 27 juillet 1939 à Mlynisko, petit village polonais se trouvant à ce moment-là près de la frontière germano-polonaise, soit à peine plus d’un mois avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate.

Et le village natal de mon père (et aussi celui de ma mère, qui naîtra 6 ans après la fin de la guerre en 1951) fait partie des premiers à essuyer les bombes de la Luftwaffe. Ainsi, Wieluń, situé à 15 km du village (et que je connais assez bien), a été la première ville polonaise à être victime de la Seconde Guerre mondiale.

Donc, par un hasard qui défierait les lois de la statistique (en fait “juste” une question de perception, merci la zététique :-D), une sœur Labedz, Marianna, (ma grand-mère paternelle) a reçu les premières bombes d’Hitler sur le sol polonais (pays natal de mes parents) et une autre sœur Labedz, Antonina, a reçu les dernières bombes sur le sol français (mon pays natal).

Un peu de géographie…

Pour information, je suis née à Châtellerault dans la Vienne et j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence à Descartes. Maillé est une ville située à environ 15 km de Descartes et Châtellerault à 25 km de Descartes.

Descartes aussi, situé pourtant dans la région Centre, n’était pas loin… d’une frontière : la ligne de démarcation y passait, séparant la France occupée de la France libre. D’ailleurs, une photo sur Wikipédia le rappelle :

Image : ligne de démarcation matérialisée à Descartes.
La ligne de démarcation (Seconde Guerre mondiale) passait à Descartes, ville natale du philosophe René Descartes.

Questionnements

  • Humanité, barbarie, rédemption, pardon, criminologie, victimologie… Cet acte criminel me fait me questionner sur beaucoup de notions.
  • J’ai ainsi beaucoup lu de romans policier ou des romans d’aventure avec énigmes durant mon enfance et mon adolescence, toute l’œuvre d’Agatha Christie notamment.

La découverte de cette histoire a ainsi considérablement influencé mon comportement ; elle m’a donné et me donne toujours l’envie de comprendre, d’aller à la rencontre… et cela continue aujourd’hui…

Historiquement vôtre.

Sonia Kanclerski

 à la rencontre… et cela continue aujourd’hui…

Historiquement vôtre.

Sonia Kanclerski

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