Abstract Letters Background.

🔗 Linnaea Mallette. Creative Commons CC0.

The grammatical gender in French

This post is not translated yet.

Cette réflexion sur le genre grammatical en français est partie d’une conférence à laquelle j’ai assisté : La science a-t-elle un genre ?

Je trouve cette anecdote (tristement) cocasse. Mon métier est l’ingénierie informatique (ATM, spatial) ; je suis donc ingénieur. Mais ingénieur ou ingénieure ? Je n’ai pas ajouté le “e” car l’accord au féminin n’est pas reconnu par l’Académie Française. Donc, je commets inévitablement une faute de grammaire en me présentant ainsi car il se trouve que tous les noms de métiers en français sont aussi des adjectifs qualificatifs

Histoire de genre de référence

D’après ce que j’ai compris sur les raisons de ne pas féminiser ingénieur est que, dans ce contexte d’utilisation, il est suffisant d’utiliser le genre de référence, car prévu pour cela. Ouais, avec une explication pareille, alors “je suis brun” devient possible pour moi, donc, du coup, pourquoi s’être cassé la tête à créer le genre féminin si le genre de référence est suffisant… En fait, la problématique vient de la structure de notre langue qui est fortement “genrée”. Et en plus de manière fort maladroite à mon sens…

En effet, la problématique de la féminisation des noms de métier fait apparaître un problème structurel au cœur de notre langue : l’absence de distinction entre le genre de référence et le genre masculin.

Le genre non marqué

Pour s’éviter des problèmes de ce type, notre langue n’aurait pas dû se baser sur un genre de référence mais utiliser le genre non marqué. On aurait alors dans ce cas 3 genres :

  • Le genre non marqué.
  • Le genre marqué masculin,
  • Le genre marqué féminin.

Un mot nu, sans marque, c’est le genre non marqué. Un mot avec une marque (ajouté au mot nu), c’est un genre marqué : soit le genre masculin, soit le genre féminin… ou un autre, comme le genre animé mais non personnel (genre pour les animaux par exemple). C’est le cas pour le polonais par exemple.

Donc, pour moi, il est important dans une langue où la notion de genre est présente de pouvoir distinguer un genre non marqué des genres marqués (masculin ou féminin) et sans les hiérarchiser. Je peux rêver que cela soit fait dans le français courant ? Soupirs. 😐

Genre grammatical… inutile ?

Et au vu de l’utilisation du genre grammatical (vue personnelle globale sur l’ensemble des langues existantes), pour moi il est juste inutile. Il existe des langues (finnois, turc, hongrois…) où le genre grammatical est absent car on considère que rien n’est masculin ou féminin, et à mon sens à juste titre. Un mot n’a alors pas besoin d’être qualifié, accordé en genre ; c’est un non-sens. Le sens, l’information sont fournis par le mot lui-même et c’est juste suffisant. D’ailleurs, pour moi, les notions de masculin et féminin sont vides de sens.

Et le nombre ?

Pour comprendre ce point de grammaire, on peut aussi considérer le nombre. La référence en français, c’est le singulier ; là aussi, c’est un choix arbitraire. Un choix plus juste aurait pu être ni singulier, ni pluriel. En l’absence de marque, on ne sait pas si c’est singulier ou si c’est pluriel (parce que soit on n’a pas l’information, soit on n’a pas besoin de le savoir : donnée inutile). La marque du pluriel pour un nom en français est dans le cas général la lettre s ; mais cela peut être le x ou aussi exceptionnellement un autre mot. On aurait pu avoir aussi une marque pour le singulier ; ce n’est (malheureusement ?) pas le cas. La référence est le singulier mais cela aurait pu être le pluriel ou mieux l’absence de marque

Choix pour le genre

Les choix des références pour le genre et pour le nombre illustrent bien une pensée autocentrée : masculin singulier alors que c’est une construction linguistique arbitraire !

Le choix pour le genre aurait pu être le genre non marqué (= “on ne sait pas si c’est masculin ou féminin et on n’a pas besoin de le savoir ou on ne peut pas le savoir ou on s’en fiche”), ou mieux encore (à mon avis) l’absence de genre grammatical (comme pour les langues sans genre).

Déconstruire, modifier ces choix de référence pour plus d’égalité et de justice lorsque l’on communique entre nous ? Une idée accessible ou une utopie de quelqu’un qui pense ?

Et là, je me demande ce qu’en pensent les professeurs des écoles, les linguistes, les sociologues, les chercheur(e)s… J’ai pris ce chemin de réflexions (démarche scientifique) lorsque je me suis mise à aimer à apprendre les langues (constructions, grammaires, vocabulaires, étymologies, règles…). Pour en savoir plus, consulter mon article ‘Ma passion des langues’.

Linguistiquement vôtre.

Sonia Kanclerski

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *