Interview avec le réalisateur Wojciech Smarzowski sur le film Róża

Wojciech Smarzowski, le réalisateur du film Róża.

🔗 Artur Balana. Creative Commons CC BY-SA 3.0.

Après avoir vu le film Róża, j’ai écrit un courriel à Karolina Kunicka-Guérin, co-organisatrice de la soirée de cinéma au cinéma ABC de Toulouse. Elle m’a alors envoyé en retour une interview du réalisateur Wojciech Smarzowski sur son film.

J’écris ci-dessous le contenu d’une interview réalisée par Jessica Blank, pour cineuropa.

Rose : face au passé difficile de la Pologne, par Jessica Blank.

11/06/2012 – Dans son troisième long-métrage, Rose [bande-annonce], le réalisateur Wojciech Smarzowski porte son regard sur un fait historique peu connu, concernant la population de la Mazurie, un territoire situé à cheval entre l’Allemagne et la Pologne. Durant la seconde Guerre Mondiale, le statut des Mazuriens s’est compliqué : les Soviétiques les considéraient comme des Allemands et ces derniers comme des ennemis polonais. Abusés, torturés et repoussés sur leur terre d’origine, les Mazuriens ont vécu un véritable enfer pendant la guerre. Cineuropa a rencontré Wojciech Smarzowski au Brussels Film Festival.

 

Cineuropa : Dans Rose [bande-annonce], vous avez choisi de parler d’un sujet rarement traité au cinéma. Quelles étaient vos intentions?
Wojciech Smarzowski : J’avais deux idées en tête. Je voulais tout d’abord mettre en scène une histoire d’amour. Ensuite, je souhaitais l’insérer et tirer parti d’un arrière plan historique peu connu, centré en particulier sur peuple mazurien qui vivait sur un territoire polonais qui fut détruit pendant la seconde Guerre Mondiale.

 

Comment expliquez-vous le succès de votre film en Pologne, bien qu’il aborde un événement très délicat du passé du pays?
Il y a une seule explication à ce phénomène du succès du film en Pologne : l’interprétation. Les acteurs présentent l’histoire d’une manière très authentique et cela facilite les choses pour le spectateur.

 

Rose traite des conséquences de la guerre, mais il se focalise surtout sur la condition de la femme à cette époque. Pensez-vous que ce sujet soit insuffisamment exploité dans le cinéma contemporain?
C’est une question difficile. Je sais pas si « les femmes » en général sont un sujet bien exploité dans le genre du cinéma de guerre. Mon intention était de montrer une femme comme une espèce de trophée de guerre, dans une démarche similaire à celle du récit Une Femme à Berlin (ndr: adapté au théâtre et au cinéma).

 

Rose est un film polonais, sur une femme mazurienne et dans un pays envahi par les Soviétiques. Pourquoi avez-vous choisi de garder les trois langues (polonais, allemand, russe) dans le film?
Je voulais que ce soit le plus réaliste possible. Cela correspond véritablement à l’histoire qui c’est déroulée sur ce territoire. Donc, pour moi, il n’y avait pas d’autre possibilité envisageable.

 

Les éclairages du film s’assombrissent pendant les séquences de torture, mais parfois l’image est plus claire et optimiste. Quels étaient vos partis-pris en la matière?
Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi je fais des films. Je réalise un film car quelque chose me fait mal. On pourrait dire que c’est une sorte de douleur personnelle. Et c’est pour cette raison que j’essaye de refléter le plus justement possible les moments tragiques, mais aussi les moments de joie, parce ils s’entremêlent dans la vraie vie.

 

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