L’astrologie réfutée par l’astronomie

J’écris quelques mots pour partager mes réflexions et sentiments personnels sur une sortie culturelle : une conférence, à laquelle j’ai participé. Elle s’est tenue dans le cadre d’un colloque « Espace et croyances contemporaines », tenu à l’occasion de la deuxième journée zététique de Toulouse (week-end du 27 et 28 février 2015). Son thème était L’astrologie réfutée par l’astronomie.

Conférence

Picto infobox lecture.

🔗 darkmoon1968. Creative Commons CC0. Domaine public.

Photo sur la zététique et l'influence de l'être humain.

🔗 Colloque « Espace et croyances contemporaines » (journée zététique 2015)

Informations sur la conférence
Thème L’astrologie réfutée par l’astronomie
Lieu La salle Osète (espace Duranti) à Toulouse
Date et horaires le vendredi 27 février 2015 de 20 h à 22 h
Animation Jean-Noël Sarrail
Cadre

La conférence s’est tenue dans le cadre d’un colloque « Espace et croyances contemporaines », tenu à l’occasion de la deuxième journée zététique de Toulouse (week-end du 27 et 28 février 2015).

Mots-clés

astrologie, astronomie, ciel, conférence, croyance, étoile, science, vulgarisation scientifique, zététique

J’écris cet article quelques heures après cette conférence (presque à chaud), avec les émotions du présent donc. Il est écrit avec mes mots, mon regard personnel, ma sensibilité 😉 Je vous présente maintenant son sommaire :

L’astrologie réfutée par l’astronomie

1. Quelques mots sur le conférencier

Jean-Noël Sarrail est un amateur d’astronomie depuis de longues années. Il a travaillé à la Cité de l’Espace à Toulouse en tant que responsable pédagogique (création d’ateliers pédagogiques, notamment pour les écoles). Il organise des stages à l’observatoire de Sabarat en Ariège. Je vais aussi apprendre au cours de la journée de zététique qu’il est professeur de musique 🙂

2. Quelques mots sur la conférence

Durant la conférence, j’ai pris quelques notes personnelles, notamment des notions ou des éléments qui m’ont marquée.

Le sujet de la conférence est d’établir les erreurs manifestes de l’astrologie, qui est proclamée par ses adeptes comme… une science. « Être d’un signe », connaître son signe zodiacal est chose courante… Et pourtant…

  • Notre regard sur les étoiles dans le ciel,
  • Les trois grossières erreurs de l’astrologie,
  • Les autres erreurs.
X-Files: I want to believe.
🔗 Joe Ross. Creative Commons CC BY-SA 2.0.

3. Notre regard sur les étoiles dans le ciel

J’ai noté qu’il y avait environ 3000 étoiles visibles à l’œil nu dans le ciel (un ciel étoilé de campagne, non pollué par les lumières de la ville). L’homme les a regroupées « en dessins » : les constellations, au nombre de 88. Les noms dépendent de la culture des civilisations : pour nous, ils tiennent leur origine de la mythologie gréco-latine.

Les exemples que j’ai retenus :

  • Grande ourse
  • Petite ourse (contenant l’étoile polaire actuelle),
  • Taureau (Aldébaran),
  • Aigle (Altaïr),
  • Cygne (Dénèbe),
  • Scorpion (Antarès),
  • Hercule, Persée,
  • Les Gémeaux (Castor et Pollux).
Question de regards

A l’Antiquité, on a cru que les étoiles étaient tous situés à la même distance de la Terre : on a été victime d’une illusion d’optique. De même, le regroupement des étoiles est lui aussi qu’une manière de créer des groupes, arbitraire donc.

Le conférencier mentionne l’exemple de la constellation d’Orion. Ses étoiles sont situées sur différentes distances et vu sur un côté, il n’y a plus d’Orion (chasseur avec sa ceinture et son arc) à cause de la vue que l’on a sur les trajectoires de la lumière provenant de ces étoiles.

Donc, nous ne sommes pas au centre d’une sphère avec un tapis d’étoiles. => Prise de conscience au XIXème siècle.

Utiliser le logiciel Stellarium : un logiciel de planétarium open source.

4. Les trois erreurs manifestes de l’astrologie

D’après les adeptes de l’astrologie, « les astres » influenceraient de manière significative et personnelle la vie des hommes selon l’instant de leur naissance (signe, ascendant, décan, …).

Du point de vue de la Terre, le Soleil bouge et on appelle l’écliptique la trajectoire apparente du Soleil vu de la Terre.

  • Première erreur : la non prise en compte d’un mouvement de la terre : la précession de son axe en 26000 ans (phénomène de mouvement similaire à celui de l’axe d’une toupie). Du coup, cela provoque un décalage en moyenne d’une constellation entre les mois du signe astrologique et le mois réel (Soleil dans la constellation au moment de la naissance).

Note : une conséquence de ce mouvement est le déplacement de l’axe des pôles de la Terre et donc aussi la modification périodique du nom de l’étoile Polaire. Actuellement, notre Étoile polaire est Alpha de la Petite Ourse. Au temps des Egyptiens, c’était Thuban, une étoile de la constellation du Dragon !

  • Deuxième erreur : la taille variable des constellations. Le soleil ne peut pas passer un mois à cause de leur dimension. Il peut passer environ quelques jours dans une constellation (Lion, Cancer), comme plus d’un mois et demi pour la Vierge… La durée d’un signe ne peut pas être un mois. Si visible dans le ciel ! Et donc, la notion de décan en prend un sacré coup…
  • Troisième erreur : l’existence d’une autre constellation zodiacale : le serpentaire. Le Soleil passe en effet dans 13 constellations (trajectoire appelée écliptique, même nom que le plan). Donc, l’astrologie oublie un signe zodiacal. Sans blague !

5. Les autres erreurs

  • Les notions d’ascendant et de descendant ne peuvent pas s’appliquer à toutes les latitudes de notre planète car à certaines latitudes, l’horizon se confond avec le plan de l’écliptique, donc il est impossible de positionner le Soleil dans une constellation au moment où il se lève (ascendant) et au moment où il se couche (descendant) ! Donc, ni d’ascendant, ni de descendant dans beaucoup de pays comme la Norvège, l’Islande…
  • La notion de point vernal semble être une donnée importante pour les astrologues : elle indique l’ère actuelle. Actuellement, le point vernal se situe dans la constellation des Poissons, c’est donc l’Ère des Poissons. Mais, pour valider ce concept, il faut accepter et valider le troisième mouvement de la Terre : la précession. Donc, comportement paradoxal des astrologues.
  • Influences réelles des astres eux-mêmes (gravité, distance). Les mesures et expériences invalident cette prétendue influence.

Ces différentes erreurs sont dues au fait que les astrologues antiques prennaient comme ouvrage de référence le Tetrabiblos de Ptolémée, alors que les astronomes antiques se basaient eux sur l’Almageste de Ptolémée, restée une référence 1500 ans durant. Ces deux ouvrages plaçaient la Terre au centre de l’Univers. Les astronomes ont ensuite abandonné leur ouvrage antique suite aux découvertes de Galilée, Copernic et Kepler (avènement du système héliocentrique). Pas les astrologues… qui continuent de se référer au Tetrabiblos de Ptolémée.

6. Conclusion du conférencier

On a longtemps cru que l’on était au centre de l’Univers. Dans un tel contexte de (non) savoir, il était tout à fait légitime de se représenter le monde de cette manière. Mais, avec les connaissances actuelles, il serait grand temps de grandir… On doit accepter que l’on n’est pas au centre de l’Univers et que les astres que l’on observe ne peuvent pas avoir l’influence que leur prêtent les astrologues. On doit donc abandonner l’idée du système géocentrique.

7. Questions / réponses, demandes des participants

  • Notions de lever et coucher héliaques.
  • L’existence de différents calendriers dans le monde (sans lien direct avec l’astrologie).
  • L’explication des différences de caractères avec les jumeaux 🙂 Heu, je suis une jumelle 🙂 Une pensée pour Angélique, ma sœur monozygote, qui a un caractère si différent ! 🙂
  • L’hémisphère sud a un ciel plus « beau » car le centre de notre galaxie (Voie Lactée) se trouve dans le ciel de l’hémisphère sud, avec donc plus d’étoiles.
  • Les galaxies ne se trouvent pas dans un même plan.
  • Mesure de la distance Terre / étoiles : méthode de la parallaxe.
  • Comportement des astrologues suite à cette réfutation : certains sont de bonne foi, tiennent compte des erreurs et font des ajustements mais ils continuent à écrire des thèmes astraux et faire des prévisions astrologiques…

8. Mon regard personnel

L’astrologie est peut-être une belle chimère, mais une chimère quand même ! C’est du pipeau, c’est du vent, c’est du flan et c’est vraiment pas gentil pour les canards, Éole et le gâteau 😉 Que l’on continue à accorder du crédit à ce truc m’interpelle sur la santé mentale de ces croyants 🙁

Je m’interroge sur la posture à adopter par rapport aux astrologues et surtout aux croyants, …en tant que passionnée de sciences et ingénieure de formation. Mon cœur bat très fort là ! On doit abandonner définitivement le système géocentrique et GRANDIR ! Laisser penser quelque chose de faux, leur laisser de l’espace en communication, n’est-ce pas une grave faute morale et de l’irresponsabilité pour les scientifiques ? Continuer à voir des horoscopes dans les magasines me fait plus que grincer les dents… Que de papier gâché par de la bêtise pure et simple !

A réfléchir et discuter ensemble entre amoureux de sciences…

 

Zététiquement et astronomiquement vôtre.

Sonia Kanclerski