La science a-t-elle un genre ?

J’écris quelques mots pour partager mes réflexions et sentiments personnels sur une sortie culturelle : une conférence, à laquelle j’ai participé. Elle s’est tenue dans le cadre d’un colloque « Les Femmes et la Science ». Son thème était ‘La science a-t-elle un genre ?’.

Conférence

Picto infobox lecture.

🔗 darkmoon1968. Creative Commons CC0. Domaine public.

Affiche Ingénieure 1985.

Affiche du Ministère du droit des femmes en 1985. Exposition « Au bazar du genre » à Marseille, Mucem, MP 2013.

🔗 Jeanne Menjoulet. Creative Commons CC BY 2.0.

Informations sur la conférence
Thème La science a-t-elle un genre ?
Lieu La maison de la philosophie à Toulouse
Date et horaires le samedi 9 mars 2013 de 14 h à 16 h
Animation Françoise Mariotti
Cadre

La conférence s’est tenue dans le cadre d’un colloque « Les Femmes et la Science », organisé par l’association ALDERAN et tenu à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes (8 mars) en 2013.

Mots-clés

femme, genre, inégalité, ingénieur, injustice, lecture, représentation, science, stéréotype

J’écris un article sur cette conférence plus d’un an après, avec du recul donc : la bonne distance ou la bonne proximité ? 😮 Je vous présente maintenant son sommaire :

La science a-t-elle un genre ?

1. Quelques mots sur la conférencière

Françoise Mariotti est une psychologue et thérapeute exerçant dans son cabinet à Saint Gély du Fesc, près de Montpellier. Elle est aussi docteure en psychologie sociale. Elle est la fondatrice de l’association PSYC & GENRE. Elle anime ainsi des cafés psycho, des cafés du genre et des groupes de discussion sur des questions de société.

2. Quelques mots sur la conférence

Durant la conférence, j’ai pris quelques notes personnelles, notamment des notions ou des éléments qui m’ont marquée :

  • La science a-t-elle un genre ? Tristement OUI, le masculin…
  • le poids de l’histoire : l’absence d’instruction et d’éducation des filles dans ce domaine pendant (trop) longtemps et une finalité non professionnelle,
  • le point de vue essentialiste de notre société, si défavorable à l’éclosion de la diversité des talents,
  • la mixité à l’école où les groupes sont très (trop !) « genrés » : on vit ensemble en étant séparé… Un mixeur est un système qui permet de mélanger les éléments sans qu’on puisse les reconnaître à la sortie. L’école y parvient-elle ? Eh bien NON, pas encore au XXIème siècle… A quand un vivre-ensemble sans être séparé par quoi que ce soit : sexe, sexualité, couleur de peau, culture, …couleur des yeux, couleur des caleçons – pourquoi pas ces caractéristiques aussi… ?
  • les stéréotypes et les prophéties autoréalisatrices : ne pas se laisser influencer par la pression sociale pour le choix de son métier ou de son activité sportive : un exploit ! Réaliser son rêve : juste un rêve pour les femmes (…pour les sciences) ?
  • la notion de représentation sociale : dans les sciences, les femmes sont des exceptions et ne peuvent être des modèles faciles à suivre (question de représentation). Consulter à ce sujet :

 

Allégorie de la Science par Jules Blanchard.
Allégorie de la Science par Jules Blanchard. Située sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris.

3. Mon regard personnel

Ingénieur-e et passionnée de sciences, je suis triste aujourd’hui d’un tel constat. Je suis effarée de voir que l’on pense encore qu’il existe une raison « naturelle » pour expliquer cette inégalité sociale, qui a des conséquences néfastes sur la diversité et la recherche scientifique.

Pour information, je me considère comme ayant « la bosse des maths », avec un esprit scientifique. Il se trouve que j’ai une sœur jumelle monozygote pour qui ce n’est pas le cas, alors que nous avons été élevées de la même manière, c’est-à-dire avec une grande liberté. Mon époux est ingénieur comme moi et je considère qu’il y a plus de différences entre moi et ma sœur jumelle qu’entre moi et mon mari et… j’adore ma sœur 😉 La raison culturelle, sociale est bien plus forte que la raison biologique (qui reste à prouver et qui est pour moi une fausse croyance, une légende urbaine), surtout quand on voit les Malaisiennes faire de l’informatique ! J’ai personnellement étudié (l’informatique) avec deux Malaisiennes durant deux ans.

Ce constat est encore nié dans le monde professionnel car il dérange, il questionne et remet trop de privilèges en jeu. Faire changer les mentalités, modifier une zone de confort (dans un lieu de pouvoirs car de savoirs ?), même quand il s’agit d’une inégalité criante (hurlante ?), n’est pas facile, même encore aujourd’hui au XXIème siècle. Le poids historique se fait encore sentir malgré les dernières avancées des neurosciences…

4. Une réflexion en passant…

Cette conférence m’a également invitée à réfléchir sur un autre… genre : le genre grammatical en français. Dois-je écrire ingénieur ou ingénieure ? J’ai écrit un article sur mon blog sur la question.

Scientifiquement vôtre.

Sonia Kanclerski

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