Sur ce blog : 44 articles et 7 pages. Dernière publication : 06/04/2018.

Le besoin de reconnaissance

 
Description de la plaquette du café psycho.
Informations sur le café psycho
Thème Le besoin de reconnaissance
Lieu Le restaurant « Les Coulondrines » à Saint Gely du Fesc
Date et horaires le jeudi 17 novembre 2016
de 18 h 30 à 20 h
Animation Françoise Mariotti
Cadre

Le café psycho est un café de discussion sous la forme d’une conférence-débat, organisé par l’association PSYC & GENRE, créée par Françoise Mariotti.

Mots-clés besoin, café, humanité, médaille, reconnaissance, réparation, valorisation

Dans cet article, j’écris quelques mots pour partager mes réflexions et sentiments personnels sur une sortie culturelle : un café psycho, auquel j’ai participé. Le thème du jour était Le besoin de reconnaissance.

Notre animatrice a notamment fait la distinction entre la reconnaissance-réparation et la reconnaissance-valorisation. Plusieurs thèmes et exemples ont été contés et quelquefois discutés. Parmi eux : dire bonjour (reconnaître l’identité d’une personne), dire merci (savoir gré), Bob Dylan et la réception du prix Nobel de littérature, la médaille du mérite qui s’obtient après la constitution d’un dossier, la médaille du travail, la reconnaissance de la pénibilité d’un travail…

Dans cet article de mon blog, je ne vais pas évoquer le contenu du café… Je vous invite à y venir pour écouter. Sourire malicieux. J’ai en fait envie de partager avec vous quatre regards personnels.

 

 

Premier regard : la reconnaissance dans le monde du travail.

Je souhaite partager un témoignage concernant la reconnaissance, le succès dans le monde de l’entreprise. Il me paraît significatif et d’utilité publique car il interroge le comportement des personnes dans le monde du travail.

Présentation contée.
Dans le bureau d’un manager, lors d’un entretien, je peux voir placer sur le mobilier, le rebord des fenêtres différents trophées « Meilleure innovation XXX », « Premier prix YYY ». Je vois des diplômes, des certificats. Le ton du manager est autoritaire. Le discours est la gagne, la gagne et encore la gagne. Il fournit peu d’informations utiles. Il ne montre aucune émotion.

Dans le bureau d’un autre manager, je vois des photos de l’équipe et celle de ses proches. Je vois dessiner des plans avec les signatures des auteurs. Je vois des tableaux artistiques apaisants. Je vois des dessins d’enfants racontant avec leurs yeux le travail des parents. Le manager parle avec passion. Il partage ses expériences de vie.

« Je vois…. » Mais qu’ai-je vu, chère lectrice, cher lecteur ? Suis-je seule à m’interroger sur ce que cela implique dans nos vies ? Certaines personnes ne ferment-elles pas les yeux pour ne pas risquer… de perdre sa place… car il faut gagner ? Travaille-t-on pour avoir des trophées ? Et à quel… prix ? Ou parce que l’on prend du plaisir au travail et que si celui-ci est admiré, on peut alors être reconnu… ou pas ?

Pourtant, la science apporte une réponse sans équivoque. La coopération, le partage, l’entraide sont bien plus efficaces que la compétition, la gagne. Y compris dans le monde du travail, dans le sport de haut niveau, dans les négociations et la diplomatie. Des algorithmes puissants avec des scénarios basés sur des modèles précis ont été exécutés pour valider ce résultat.

Je suis donc triste lorsque je suis témoin de la première scène de vie « dessinée » plus haut. J’ai aussi mal au cœur lorsque dans notre pays on parle de « plan compétitivité ». A titre personnel, plus je suis dans la Joie, dans le plaisir, plus je me sens (et je suis !) performante (mais je hais ce mot ! Je lui tire la langue) ; plus on m’impose comme objectif de gagner et non de mettre en valeur… la valeur travail, alors c’est la démotivation car je trouve l’acte d’autorité non productif et… inhumain.

On reconnaît donc quel objectif dans la collaboration au travail ? La gagne qui fait perdre et non le plaisir qui lui pourtant fait gagner ? Coup de gueule !

 

 

Deuxième regard : la reconnaissance d’un crime.

« On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d’hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu. », Jean Rostand
Les médailles de guerre… Je grogne. Je vous confie mon chemin de pensées pour éclairer mon ressenti, mon état d’âme.

En temps de guerre, on peut tuer une personne « pour la bonne cause », « défendre un pays »… Aïe ! C’est quoi la bonne cause ? On le décrète pour vous ? Qui est ce « on » ? Au nom de quels droits ?

Tuer est toujours inhumain, même si la situation a fait qu’il fallait le faire. Tuer pour ne pas être tué. (Il-légitime) défense… « La peste ou le choléra ? » Un choix, non ! Un manque de choix, oui ! Pourquoi décorer, honorer et reconnaître ces actes ? Comment justifier aux meurtriers qu’ils ont tué mais eux « ils n’avaient pas le droit » ? Dans un cas, c’est la prison et même quelquefois la peine de mort alors que dans l’autre c’est la croix de guerre ? Je fais de la provocation mais la justification des crimes dans l’Histoire m’a toujours semblé légère, arrangeante.

Lorsqu’une société se déclare démocratique, sociale, je fais référence à notre constitution, alors elle doit œuvrer, faire en sorte de ne jamais se trouver dans pareille situation. Elle doit pouvoir créer des choix. La démocratie, c’est de pouvoir choisir et que ce soit un choix réel, pas artificiel, pas trafiqué sur l’autel du pouvoir ou pour « la bonne cause ».

Pourquoi ne pas mettre plus en lumière les bâtisseurs, les fondateurs des sociétés ? J’ai le sentiment fort désagréable de connaître bien mieux (au moins de pouvoir citer leur nom) les généraux, les maréchaux, les héros de guerre que les humanistes, penseurs, les médecins qui sauvent des vies ? Suis-je « normale » ou… formatée ? Coup de gueule !

 

 

Troisième regard : la reconnaissance, quelque chose en plus.

« Être inconnu, être connu, être reconnu ».

Il y a une nuance que je trouve consternante dans le dernier degré. La reconnaissance me semble mettre la personne au-dessus des autres, on la fait élever, elle n’est plus à la même hauteur des autres. On perd à mon sens la reconnaissance du pair ! Égal à égal. Je sens quelque chose de malsain. On flatte (trop) l’ego et cela (me) dérange ? Je partage là mon impression. La reconnaissance n’est-elle donc pas quelque chose… en trop ? Un plus qui serait un trop dans notre société qui met en avant la compétition plutôt que la coopération, est-ce surprenant ? Coup de gueule !

 

 

Quatrième regard : la considération plutôt que la reconnaissance ?

Dans mon dernier regard, je souhaite mettre en lumière un autre mot, un autre substantif. Pour une autre substance ? Il s’agit du mot considération, que j’apprécie et que j’ai redécouvert dans une œuvre d’un psychologue humaniste, Carl Rogers : le développement de la personne. « On becoming a person » dans la version originale. Il évoque une attitude aidante : la considération positive inconditionnelle. Coup de cœur !

Je l’écris ici pour dire que cela existe. Selon moi, cette considération positive inconditionnelle permet la… reconnaissance d’une personne malade d’égal à égal pour lui permettre d’accéder à ses ressources et construire sa guérison. Mais ce n’est que mon sentiment bien entendu. Euh ! Bien écouté 🙂 Peut-être faudrait-il écrire un livre intitulé « On becoming a society », en version française : Le développement de la société. Sourire malicieux. Sommes-nous juste prêts ?

Et maintenant j’interpelle ! Comment regarde-t-on les gens en France ? D’égal à égal ? J’en doute.

Dans mon article : trois coups de gueule, un coup de cœur et une interpellation. Wouarf ! C’est tout à fait inhabituel pour moi de réagir ainsi. Je suis plus posée, plus mesurée dans mes propos mais là, je sens que j’avais besoin de m’exprimer avec ces mots-là et ça fait du bien !

Pour finir cet article, je souhaite remercier notre animatrice du soir, Françoise Mariotti. Je suis reconnaissante pour le travail accompli. Un délicieux café 🙂 Les participants eux aussi ont été reconnaissants : nous avons applaudi. Un texte du café sera envoyé aux adhérent-e-s de l’association Psyc & Genre, dont je fais partie 🙂 Un rappel pour les personnes qui ne connaissent pas sa page professionnelle sur Facebook : https://www.facebook.com/FMSaintGely/?fref=ts

Avec le cœur de partager,
Sonia Kanclerski