Sur ce blog : 48 articles et 7 pages. Dernière publication : 07/10/2018.

Le scandale de l’amiante

Mon père est mort d’une embolie pulmonaire, suivie d’une crise cardiaque fatale le 3 janvier 1987. C’est la raison invoquée à l’époque, mentionnée peut-être sur son acte de décès mais moi, je n’y croyais juste pas. Cette mort brutale, les circonstances, me laissaient perplexe. J’avais huit ans. A sa mort et la période de deuil qui a suivi, j’aurai exprimé ces mots à mes proches : « Je veux devenir médecin ; je vous dirai de quoi Papa est mort… ».

Dix ans plus tard, presque jour pour jour, le 1er janvier 1997, l’amiante est officiellement interdite d’utilisation en France par l’État. C’est la révélation publique d’un scandale planétaire : le scandale de l’amiante. La France est le huitième pays européen à le faire !

Mon père a travaillé dans l’usine Éverite près de Descartes à partir de 1969, soit 18 ans environ… jusqu’à sa mort. C’était une usine de fabrication de matériaux de construction (usine de ciment amiante). Suite à l’interdiction du matériau cancérigène… qui tue donc, l’usine ferme… glaçant d’effroi la population locale… Voici ici un article publié sur le site web officiel du journal l’Humanitéhttp://www.humanite.fr/node/190621

Mon père était donc alors ouvrier… mais il était aussi maçon de profession… Il aurait pu donc faire un autre travail ! Seulement, il fallait pour cela être informé des risques sanitaires !!!!!!

Un documentaire « 100 000 cercueils. Le scandale de l’amiante », réalisé par José Bourgarel, dissèque un des plus grands scandales de santé publique qu’ait connu notre pays. Il a été diffusé sur France 2, le 28 janvier 2010, dans le cadre de l’émission « Infrarouge ». Quant à moi, je l’ai regardé en le trouvant dans la médiathèque de ma ville à Muret…

Quand je pense à ce scandale sanitaire, je ressens une colère volcanique en moi et une telle incompréhension ! Respecter l’article 2 du code de déontologie médicale, c’est trop demandé ? Comment peut-on en arriver là ?

Aux professionnels de la santé : la bêtise, jusqu’où ?

Sonia Kanclerski