La place des femmes dans les métiers du numérique
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La Terre et le monde du numérique

🔗 TheDigitalArtist. Licence Pixabay.

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La place des femmes dans les métiers du numérique


Françoise Mariotti et son invitée, Norolanto RAZAFINIMANANA, Consultante-Formatrice en e-réputation, Marque employeur.
Source de l’image : 🔗 https://www.radiofmplus.org/le-feminisme-de-francoise-la-place-des-femmes-dans-les-metiers-du-numerique/
RadioFM-Plus (91 FM), la différence nous rassemble !
ÉmissionLe féminisme de Françoise Mariotti
ThèmeLa place des femmes dans les métiers du numérique
AnimationFrançoise Mariotti, psychosociologue
InvitéeNorolanto RAZAFINIMANANA, consultante-formatrice en e-réputation, marque employeur.
DateLundi 06 janvier 2025
Mots-cléspodcast, féminisme, radio, fm-plus, informatique, place, femmes, numérique, sciences
InformationPour plus de détails sur l’émission, voir la page officielle du podcast de l’émission du jour de la radio FM-Plus.

Introduction

Cette émission mensuelle diffusée sur les ondes de la radio FM-Plus (91 FM), intitulée Le féminisme de Françoise Mariotti, présente le point de vue de Françoise Mariotti sur un thème, souvent une question de société en lien avec les rapports sociaux de sexe. Cette émission est diffusée chaque 2ème jeudi du mois à 12 h 10.

Le thème de l’émission du jour porte sur la place des femmes dans les métiers du numérique.

1. Les premiers mots de l’animatrice

En ce début du mois de janvier 2025, l’animatrice commence l’émission par une invitation avec ces mots :

Aujourd’hui, nous sommes début janvier et je vous souhaite à toutes et à tous une année féministe et je vous engage, chacune et chacun, chez vous, autour de vous, à veiller aux repérages des inégalités, du manque de respect, des injustices, et des violences vécues par les femmes de tous âges et de soutenir celles qui en ont besoin, et on ne supporte plus, on réagit.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [00:28 à 00:51], 06 janvier 2025.

2. Le thème du jour

De quoi allons-nous parler aujourd’hui ? De la place des femmes dans les métiers du numérique et pourquoi j’ai choisi astucieusement ce sujet ? Parce que du 15 janvier au 13 mars, les élèves et les parents vont devoir inscrire leurs projets et vœux d’orientation professionnelle sur Parcoursup et je vais discuter du manque criant de filles dans le secteur des métiers du numérique car c’est un secteur qui est en plein essor, qui engage notre avenir au niveau mondial et dont tout laisse à penser qu’il contribue à propager du sexisme et on va voir pourquoi.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [00:51 à 01:20], 06 janvier 2025.

3. L’invitée de l’émission

Et pour discuter de tout cela, j’ai invité Norolanto Razafinimanana qui est consultante-formatrice en e-réputation marque employeur.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [01:20 à 01:32], 06 janvier 2025.

3.1. Présentation de l’invitée

Norolanto Razafinimanana

Consultante Formatrice en e-réputation, Personal Branding, Marque Employeur, Inbound Marketing, conformité RGPD & Transformation numérique – prise en charge OPCO

3.2. Le métier de l’invitée

Je partage les mots de l’invitée sur son métier : consultante-formatrice en e-réputation marque employeur.

Je travaille en fait sur le numérique depuis 2009 et le numérique en fait sert pour les entreprises à être visibles. Avant c’était on va dire les boutiques, éventuellement on va dire les prospectus, maintenant c’est internet. Oui, la publicité n’est plus papier, elle est sur les réseaux. Pourquoi ? Parce que aussi les gens en fait sont sur les réseaux, sur internet et ils sont depuis longtemps et ils passent un certain temps, ça se compte en heure. Et la marque employeur c’est cette visibilité pour les entreprises dans l’objectif de mieux recruter les gens et d’être compris par les candidats parce que parfois les candidats en fait ne savent pas très bien ce que fait l’entreprise qui propose un job.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [01:45 à 02:37], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

J’aide les entreprises à mieux se présenter, de façon plus transparente : leurs valeurs, comment elles fonctionnent, pour que les candidat·es qui vont en fait répondre à leur job, leurs annonces soient vraiment intéressé·es parce qu’elles proposent : leurs métiers, leurs produits et que ce ne soit pas un hasard, que ce soit une vraie rencontre.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [02:37 à 03:03], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

3.3. Le parcours de l’invitée

Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique, l’invitée a commencé par étudier dans le domaine des Sciences de la Vie et de la Terre pour ensuite décider de se réorienter.

J’ai un parcours scientifique, en fait j’ai fait un bac scientifique et ce qui m’intéressait c’était en fait les sciences naturelles. Voilà c’était la vie, les animaux, les plantes et puis aussi l’homme en soi et je me suis retrouvée à faire ce qu’on appelle en fait une licence de science et vie nature. Les études c’était super, ça m’intéressait beaucoup, il y avait un côté en fait assez merveilleux et mystérieux. […] j’ai fait un stage fin […] de ma licence et dans ce qu’on appelle un laboratoire de ville et là en fait j’ai découvert le métier de biologiste, c’est-à-dire être devant une paillasse pendant peut-être douze heures par jour et là, là, là je me suis dit c’était pas pour moi. Moi j’ai besoin de rencontrer des gens, j’ai besoin de partager, j’ai besoin aussi en fait d’avoir des projets puisque c’est quelque chose que j’ai toujours fait et donc je me suis dit il faut que je rebondisse parce que je ne peux pas rester dans ces études.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [03:51 à 05:05], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

L’invitée explique sa réorientation avec ces mots :

A la fac, j’avais fait des modules d’informatique et c’était facile pour moi, je me suis dit : « ben pourquoi pas ? ». Et c’est comme ça que je me suis réorientée dans l’informatique en faisant une formation professionnelle. A ce moment là, c’était 9 mois et ça s’est très bien passé et, à partir de là en fait, je suis restée dans le monde de l’informatique qu’on appelle aujourd’hui numérique.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [05:05 à 05:26], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

3.4. Le regard de l’invitée sur le monde du numérique

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : c’est un monde qui va très vite, c’est un monde qui est très riche, un monde qui paraît très technique, oui, mais il n’y a pas que de la technique, il y a aussi ce qu’on appelle des usages. Et ça c’est très important. Et là les femmes, elles sont très fortes parce qu’elles arrivent à comprendre en fait ce dont ont besoin les gens et elles arrivent à transformer en fait ces besoins en ce qu’on appelle des usages et à parler au développeur pour que les usages en fait conviennent.
L’animatrice, Françoise Mariotti : En fait vous êtes en train de me dire que notre qualité, qu’on dit naturelle, on sait qu’elle ne l’est pas pour tout le monde, l’empathie, est un atout dans ce métier ?
L’invitée, Norolanto Razafinimanana : oui, l’empathie, l’écoute et la capacité aussi d’avoir une vision globale des choses. Alors je ne sais pas si c’est réellement une qualité féminine, mais en tout cas les femmes qui justement s’orientent vers le numérique, pas forcément dans la technique, elles développent ça.

La place des femmes dans les métiers du numérique [06:10 à 07:04], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

4. Le point matrimoine

Le point matrimoine est une initiative de l’animatrice de l’émission pour ne pas oublier les femmes qui ont compté, qui compte encore : mettre en avant une femme pour son rôle, ses actions. Elle propose le nom d’une femme puis elle convie la personne invitée du jour à faire de même.

4.1. Point matrimoine de l’animatrice

L’animatrice Françoise Mariotti choisit Ada Lovelace.

Ada Lovelace (1815-1852).
Daguerréotype par Antoine Claudet vers 1843.
Source : Wikimedia commons.

J’ai choisi de parler d’Ada Lovelace. Ada Lovelace, elle est très importante dans l’histoire du numérique. Quand on tape « historique du numérique », ce que j’ai fait pour cette émission, on tombe toujours sur Alan Turing, qui est assez célèbre, mais on oublie toujours de parler d’Ada Lovelace, qui fut la première femme codeuse, programmeuse de l’histoire. Donc elle est née en 1815, elle est la fille du poète Byron et surtout c’est la fille d’Annabella Milbanke, l’épouse de Byron, qui était très instruite et qui a pris à cœur de favoriser l’éducation mathématique de sa fille. Donc, Ada Lovelace, en grandissant, elle va connaître les travaux des mathématiciens de l’Italien Ménabréa, de l’Anglais Babbage. A partir d’eux, elle va envisager la création d’une machine universelle programmable qui va être capable de manipuler des nombres, des lettres, des symboles. Le malheur c’est qu’elle signe ses travaux de ses initiales à elle, comme beaucoup de femmes à l’époque, donc, elle va vite être oubliée, elle ne va pas compter, ça n’aide pas à être connu et, plusieurs années après, en 1930, c’est Alan Turing, un homme, qui va formaliser le concept de calculateur universel, grâce au travail d’Ada Lovelace.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [07:08 à 08:37], 06 janvier 2025.

4.2. Point matrimoine de l’invitée

L’invitée de l’émission, Norolanto Razafinimanana, choisit Fidji Simo.

Fidji Simo, article Wikipédia FR, décembre 2025.
Source : Facebook F8 Developer’s Conference 2017 Fidji Simo

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : C’est une jeune femme qui a, tout jusqu’à 40 ans je pense, qui travaille aux États-Unis mais qui est Française : elle s’appelle Fidji Simo. Elle a travaillé dix ans chez Facebook, au plus près en fait de Mark Zuckerberg qui l’a beaucoup en fait apprécié ; aujourd’hui, elle est chez Instacart qui est une entreprise américaine qui s’occupe en fait des derniers kilomètres dans la livraison chez les particuliers ou en entreprise et, depuis qu’elle est devenue DG de cette entreprise, le cours de l’entreprise a pris 40 %, pour dire qu’elle est en fait reconnue et aimée en fait par son monde numérique.

Et ce qui est très intéressant, c’est que cette jeune femme Fidji Simo est Sétoise. Et j’aime parler d’elle parce que c’est une jeune femme qui a fait ses études à Sète, et puis elle était douée, et elle a fait ce qu’on appelle une prépa école de commerce au lycée Joffre, donc à Montpellier, et, là, elle a réussi le concours d’A-chaussée, une des plus grandes écoles de commerce du monde, on peut le dire, et puis, à l’occasion d’un stage aux États-Unis, elle a découvert le monde du numérique, et là, en fait, elle a fait en fait ses armes, et elle a toujours été très reconnue, on aime en fait sa créativité, on aime en fait son efficacité et elle revient régulièrement en fait à Sète pour voir ses parents. Alors, ses parents en fait sont d’origine modeste, son père je crois qu’il est pêcheur et par contre elle a toujours dit que ce côté un peu aventureux, entreprenarial, elle n’a pas créé son entreprise mais elle travaille dans une entreprise assez innovante, c’est aussi dû en fait à cet environnement entreprenarial que son père a apporté à la maison.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Voilà donc c’est un rôle modèle en fait. […]

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Oui, elle est jeune, elle est efficace, elle est reconnue, elle est créative, elle est vraiment dans ce monde-là, elle compte en fait en termes technique, en termes d’usage et c’est une fille du pays.

L’animatrice, Françoise Mariotti : D’accord je m’attendais pas ce que vous vous vous me citiez quelqu’un d’ici en fait, c’est très intéressant, qui a ce parcours.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : C’est pour dire qu’en fait on n’a pas besoin d’habiter dans la capitale, ou on n’a pas besoin d’être américaine, ou quoi que ce soit, […]. Ce qui est important, c’est par contre elle a toujours dit qu’elle est arrivée aux États-Unis, elle a adoré les États-Unis, ce côté innovant, entreprenarial, elle est rentrée dedans et, même en fait, je crois qu’elle est rentrée chez Facebook en fait sur un job de marketing qu’elle n’avait jamais en fait fait.

La place des femmes dans les métiers du numérique [08:36 à 11:40], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

5. Le vocabulaire et les métiers du numérique

5.1. Lumière sur quelques mots du monde du numérique

L’informatique, le numérique, « la tech », le monde digital, l’intelligence artificielle, de quoi parlons-nous ?

5.1.1. L’informatique

Historiquement, initialement, on fait de l’informatique, donc on travaille sur les ordinateurs et, en général, le métier autour des ordinateurs, c’est de l’informatique.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [12:12 à 12:22], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Je partage deux définitions de dictionnaires en ligne :

Théorie et traitement de l’information à l’aide de programmes mis en œuvre sur ordinateurs.

Définition du mot informatique, Le Robert, Dico en ligne, 21 décembre2025.
  1. Science du traitement automatique et rationnel de l’information considérée comme le support des connaissances et des communications.
  2. Ensemble des applications de cette science, mettant en œuvre des matériels (ordinateurs) et des logiciels.
Définition du mot informatique, Larousse, 21 décembre 2025.

Remarque

Dans le vocabulaire universitaire américain, l’informatique se dit « computer science », littéralement « la science des ordinateurs », et désigne surtout l’informatique théorique : un ensemble de sciences formelles qui ont pour objet d’étude la notion d’information et des procédés de traitement automatique de celle-ci, l’algorithmique.

Source : article Informatique, Wikipédia FR, 21 décembre 2025.

5.1.2. Le numérique

Avec le temps, on a plus travaillé aussi sur des données et je pense qu’aujourd’hui ce qu’on appelle le numérique c’est autour de l’informatique avec des données, d’accord, mais le numérique c’est aussi des logiciels de gestion comme des applications sur notre portable, comme en fait aussi des applications qui permettent d’acheter en ligne, ce qu’on appelle du e-commerce, ça, c’est tout le monde du numérique.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [12:22 à 12:51], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

>> Quelle est la différence entre l’informatique et le numérique ?

Une réponse possible

L’informatique se concentre sur le traitement et l’archivage des informations grâce à des logiciels. Le numérique, quant à lui, prend en charge la transmission et la consommation des données via des médias et diverses technologies.

Article Le digital et le numérique sont-ils pareils ?, Blog LesJeudis, 21 décembre 2025.

5.1.3. La technique, le monde digital

La technique numérique, c’est plutôt le côté, quand je suis un développeur, je fais la technique numérique, quand, par exemple, je travaille sur la logistique, en fait de mon site e-commerce, je fais de la technique numérique parce que on va dire qu’à côté il y a ce qu’on appelle le marketing numérique, et ça, c’est très complémentaire, parce qu’on peut avoir un très beau site numérique mais si les gens ne savent pas où nous trouver, on n’est pas visible, ça ne marchera jamais.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [12:44 à 13:16], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Le développement informatique (la technique) est en lien avec le marketing numérique et le monde digital en général pour des questions de visibilité, de mise en relation entre les différentes personnes issues de différents horizons (ingénierie, technique, fournisseur·es, client·es…).

5.1.4. L’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle, on a l’impression que ça vient d’arriver mais ça fait un certain temps que que ça s’est développé. Ça a commencé dans les années 50. Après, il y a eu des hauts, des bas parce que techniquement ça demandait beaucoup d’énergie et beaucoup, on va dire de ce qu’on appelle le CPU, ça veut dire la charge de travail du moteur d’un ordinateur, et beaucoup d’énergie ça veut dire beaucoup d’électricité et ça, en fait, c’était pas possible ; ça faisait pas ce qu’on attendait aujourd’hui.

Aujourd’hui, on a cette capacité de faire travailler sur des machines qui sont énormes beaucoup de serveurs et c’est ça qui permet justement de faire cette IA. On parlera aujourd’hui plutôt d’IA générative mais il y a d’autres IA comme en fait tous ceux qui travaillent autour de la médecine, tous ceux qui travaillent sur des métiers, sur des données plus métiers.

Ce qui aujourd’hui en fait est très remarquable c’est cette IA générative qui est à la portée de tout le monde et qui permet d’accéder à des données qui ont été comprises par l’IA. C’est pour ça qu’elle peut nous répondre à des questions en fait qui sont assez ordinaires. On parle d’intelligence parce qu’on le compare avec le cerveau humain oui mais elle est bien plus rapide.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [13:16 à 14:44], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Je partage trois définitions supplémentaires, provenant de dictionnaires ou encyclopédies en ligne :

Ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…).

Définition du terme Intelligence artificielle, Le Robert, Dico en ligne, 21 décembre2025.

Ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine.

Définition du terme Intelligence artificielle, Larousse, 21 décembre 2025.

L’intelligence artificielle (IA) est l’ensemble des systèmes informatiques capables d’effectuer des tâches typiquement associées à l’intelligence, telles que l’apprentissage, le raisonnement, la résolution de problèmes, la perception ou la prise de décision. L’intelligence artificielle est également le champ de recherche visant à développer de tels systèmes.

Définition du terme Intelligence artificielle, Wikipédia FR, 21 décembre 2025.

5.2. Les métiers du numérique

Il existe une pléthore de métiers dans le monde du numérique, comme le dit l’invitée de l’émission en parlant du téléphone portable :

Le monde autour de soi est très numérisé et le premier objet qui nous connectent au monde numérique, c’est le téléphone portable. Et dans le téléphone portable, il y a quasiment tous les métiers du numérique, c’est à dire il y a déjà, on va dire ce qu’on appelle le hardware, ça veut dire le matériel, il permet d’accéder au téléphone par exemple, d’accéder aussi à l’appareil photo, d’enregistrer du son, d’écrire des textes et tout ça, c’est stocké dans un téléphone. En fait, le téléphone c’est un super ordinateur.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [17:21 à 17:57], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Il y a ceux qu’on appelle les développeurs, c’est technique, après, on a aussi les gens qui travaillent sur le matériel, donc l’ingénieur hardware, après on a tous ceux qui font le design des applications, quand on regarde un téléphone, on se dit : « ah ça c’est mignon, oh c’est facile d’usage, oh c’est sympa les applications », on va se dire ça à ce qu’ils proposent comme option, ça c’est ce qu’on appelle un UX designer, ça veut dire une personne, un designer d’interface utilisateur.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [18:03 à 18:32], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Je partage 3 fiches métier :

  1. Développeur / Développeuse informatique : expert des langages informatiques, le développeur informatique traduit la demande d’un client en lignes de code informatique. La révolution numérique le place parmi les professionnels les plus recherchés, surtout s’il sait s’adapter et élargir ses compétences. Fiche métier du site de l’ONISEP, l’information pour l’orientation.
  2. Ingénieur hardware : aussi appelé ingénieur en électronique embarquée, il est le spécialiste de la conception des cartes électroniques équipant de nombreux appareils. Ces dernières ont des variations diverses et peuvent être numériques, analogiques, multiprocesseurs ou même mixtes. Fiche métier du site hellowork.
  3. UX designer : la personne a en charge la conception d’une interface numérique, logiciel, site internet, jeu vidéo, en prenant en compte l’utilisateur final, ses besoins et ses attentes. Elle est garante de l’optimisation de l’expérience utilisateur afin que cette dernière réponde aux attentes identifiées. Elle doit fédérer l’entreprise autour de ce concept. Fiche métier du site de l’APEC.

6. Les injustices envers les femmes dans le monde du numérique

6.1. Une anecdote partagée par l’animatrice

Avant la pause musicale, l’animatrice partage avec les auditrices et les auditeurs de l’émission une anecdote personnelle sur une injustice qui perdure dans l’éducation des petites filles :

On n’oriente pas beaucoup les filles vers les métiers techniques. Je vais vous raconter une anecdote : puisqu’on sort des vacances de Noël, on a offert à mon compagnon qui est bien plus jeune que moi un LEGO technique à monter ; c’était un vaisseau spatial, et moi, étant une petite fille normée qui a eu des poupées, qui a eu des petites ou nos ours, qui a eu les habits de la poupée, qui a eu la maison de la poupée, je me suis retrouvée à monter ce LEGO avec lui et je me suis régalée. Je me suis régalée, j’étais en colère parce que j’avais des difficultés. En fait, je me suis trouvée bêtement à devoir monter, parce qu’on l’a fait ensemble, j’y tenais, de mon côté ; Il fallait que je pose mon montage à côté du dessin parce que j’avais pas aussi vite que lui le sens de l’orientation des objets dans l’espace et on sait que c’est une différence, quand les petits garçons et les petites filles à certains moments quand on leur fait faire des tâches cognitives différenciées et je me dis que j’ai fait mon émission de décembre sur les jouets, que, si on développe pas ça très tôt chez les petites filles, il leur manque, quelque part, certaines compétences et qu’elles peuvent arriver à douter d’elles, et ça m’a mis en colère, parce que je me suis rendue compte que j’aimais ça et que bah, j’en ai été privée quoi !

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [19:18 à 20:33], 06 janvier 2025.

6.2. Un monde à faire évoluer

L’animatrice, Françoise Mariotti : Je me souviens qu’il y a quelques années, il y avait des pubs télévisées pour attirer les filles vers les sciences techniques et on disait, le logo, c’était : « c’est technique, c’est pour elles » et ça c’est une grosse inégalité quand même. Qu’en pensez-vous ?

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Oui, je crois que, les parents, il faut encore les éduquer il faut le dire…

L’animatrice, Françoise Mariotti : Voilà mais on est là pour ça.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Parce que la société aujourd’hui en fait n’incite pas les (filles). Déjà, il manque d’ingénieur·es de manière générale en France, donc évidemment, il manque d’ingénieur·es dans le numérique. On croit qu’il faut être très bon en mathématiques par exemple pour faire une filière scientifique : pas du tout, parce que les filières scientifiques c’est très large. Il y a différents métiers comme on vient de le dire et il y a des métiers qui ne demandent pas forcément à développer. Cependant, j’ai rencontré des femmes qui venaient, qui sont des littéraires, et qui sont devenues des développeuses. Elles disaient en fait : pour nous, la compréhension du développement, en fait, ça a été possible parce qu’on a fait un parallèle avec la langue. Développer, c’est utiliser un langage. Voilà, c’est pas que des mathématiques ; c’est utiliser un langage, et si on comprend ça, et bien, on a moins d’appréhension pour y aller.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Une autre façon d’entrevoir les choses que le côté trop technique ?

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Oui. Les personnes, en fait, je pense qu’on ne connaît pas très bien les métiers du numérique. Les métiers du numérique par exemple par rapport au métier du BTP ou d’autres ou d’autres filières, elles ne sont pas mises en avant en fait dans la sphère publique. On n’en parle pas. C’est un petit peu, en fait, un entre-soi en fait, et aussi, il faut encore le dire, c’est un monde d’hommes.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Mais on le dit, on le dit, on le redit.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : il n’y a pas très longtemps, c’est à peu près il y a cinq ans, moi je travaille beaucoup dans l’écosystème en fait numérique de Montpellier, celle qui était une des responsables pédagogiques de Montpellier, d’une école d’informaticiens, de développeurs, m’a dit : cette année, malheureusement, on n’a pas de filles, au niveau national.

La place des femmes dans les métiers du numérique [20:33 à 22:38], Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.3. Une pause musicale dans l’émission

Pour la pause musicale de l’émission, l’invitée de l’émission, Norolanto Razafinimanana, choisit la chanson I’m Every Woman, interprétée par Chaka Khan.

Pause musicale [22:45-25:06], choisie par l’invitée de l’émission, Norolanto Razafinimanana : I’m Every Woman de Chaka Khan, Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.4. Deux livres à l’honneur

L’animatrice de l’émission, Françoise Mariotti, met en avant deux livres qui traitent des injustices envers les femmes dans le monde des métiers du numérique.

6.4.1. Les oubliées du numérique

Le monde du numérique est un monde imaginé et programmé par des hommes à destination d’hommes et de femmes.

Isabelle Collet, Les oubliées du numérique, Le Passeur Éditeur.

6.4.2. Les prophètes de l’IA

6.5. Les chiffres de cette absence de femmes dans le monde digital

L’animatrice, Françoise Mariotti : On sait que, depuis quelques années, la place des filles et des femmes dans les domaines scientifique et numérique, non seulement ne progresse pas, mais recule en France et dans le monde. Alors, quelques chiffres : par exemple 56% des lycéennes disent s’intéresser au secteur de numérique et de l’informatique, donc c’est très bien, mais seulement 3% de filles choisissent la spécialité numérique et sciences informatiques en classe de première. En BTS informatique, les filles ne sont que 6%. En sciences informatiques en cycle ingénieur, les filles ne sont que 17% et on évalue en France à 23% la part des femmes exerçant une profession numérique. voilà je donne quelques chiffres tu dois être au courant de ces chiffres quel commentaire tu peux faire à ce sujet ?

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : quand j’étais jeune et que je suis rentrée dans le numérique dans l’informatique les chiffres étaient meilleurs et on avait plus de perspectives c’est à dire qu’on est réellement dans une dégradation en fait de la place des femmes dans ce dans cette filière numérique et en fait ce qui est important à comprendre c’est que c’est que toutes ces applications en fait sont à destination de plusieurs personnes mais elles sont en fait créées par 80% de d’hommes en fait ça donc c’est un comme un boys club quoi tout à fait c’est ça et ça veut dire aussi que on ne répond pas correctement en fait aux besoins de la moitié de la population les femmes et on ne crée pas des applications qui pourraient intéresser réellement les femmes ou être utiles aux femmes et aux jeunes femmes et aux filles d’accord ça c’est important à comprendre c’est que c’est qu’en fait il faut que les femmes rendent dans ce monde pour pouvoir répondre en fait aux besoins de leur genre et puis de manière générique aussi neutre il faut éviter de faire des applications qui sont genrés parce que inévitablement un développeur a une responsabilité dans ce qui partage quand il développe et ça peut être genré d’accord il y a des billets en fait de genre

La place des femmes dans les métiers du numérique [26:01 à 27:54], Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.6. Les causes de ce net déficit de femmes

On va travailler sur les causes, parce que si on décode les causes on peut agir dessus.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [29:01 à 29:05], 06 janvier 2025.

6.6.1. L’absence ou le manque de réelle mixité dans l’éducation

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Je pense donc déjà qu’il faut une réelle mixité dans l’éducation à l’école, c’est-à-dire que, à l’école, par exemple, il n’y ait pas de : « les garçons prennent la cour de récréation pour jouer au foot », parce que les filles en fait elles se disent : « bon bah les garçons jouent au foot et ben moi je suis dans un coin et puis je joue éventuellement avec mes petites copines », et les garçons n’acceptent pas forcément les filles donc là il y a déjà un travail à l’école.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Oui, elles ont mauvais genre les filles en fait.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Et, en fait, ça commence déjà à l’école primaire, donc il faut une vraie mixité, une mixité aussi dans les bouquins, une mixité dans le discours, pour que, quand les filles sont intéressées par un monde un peu scientifique, elles ne se disent pas : « bah non, c’est pour les garçons ».

L’animatrice, Françoise Mariotti : Mixité, mais égalité aussi, parce que dans la cour de l’école il y a la mixité, ça ne veut pas forcément dire l’égalité, la mixité. J’attire l’attention là-dessus, il faut une intention à la mixité pour qu’elle devienne égalitaire.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Tout à fait. Je crois, c’est à dire que dans une cour de récréation les garçons prennent la place. […] Par contre, on laisse les garçons jouer au foot sur toute la cour de récréation, au lieu de partager, d’avoir un partage équitable en fait d’un espace public. Et donc les filles ont peut-être l’impression que eh ben c’est toujours aux garçons qu’on donne les choses c’est toujours aux garçons en fait, c’est toujours les garçons qui sont prioritaires.

La place des femmes dans les métiers du numérique [29:38 à 31:08], Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Il faut une intention à la mixité pour qu’elle devienne égalitaire.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [30:30 à 30:35], 06 janvier 2025.

6.6.2. Le manque d’assurance des filles

Sur ce manque d’assurance des filles, des études montrent que 43% de filles pensent avoir le niveau en mathématiques en sciences, 78% de garçons pensent qu’ils ont le niveau il y a un sacré écart quand même et même quand elles ont plus de 14 sur 20 de moyenne dans ces matières.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [31:08 à 31:23], 06 janvier 2025.

6.6.3. Le conditionnement social et les biais sexués

L’invitée de l’émission, Norolanto Razafinimanana, partage une anecdote sur l’orientation des filles au lycée et l’impact du conditionnement social, des biais de genre.

Je vais vous en fait raconter une histoire, en fait assez personnelle, pas pour moi, mais un de mes fils a fait justement le lycée Joffre une terminale scientifique et c’était une classe de 36 en fait enfants, 36 élèves, il y avait 26 filles dans cette classe, ce qui est très très rare dans une terminale scientifique, […] donc il n’y avait que dix garçons, donc, en général, c’est l’inverse. Alors pourquoi il y avait autant de filles ? Simplement parce que mon fils a fait une option, en fait ce qu’on appelle « anglais international », qui demandait en fait à travailler quatre heures de plus d’anglais. Donc déjà, les garçons entre guillemets quand ils peuvent moins travailler, ils travaillent moins. Par contre, les filles, oui, ça, elles savent travailler. Et, dans cette terminale où il y avait 26 filles sur 36 élèves, il y avait peut-être une quinzaine de filles, elles avaient 18 de moyenne, ça veut dire que c’est des filles qui étaient en fait brillantes en sciences, en maths, en physique, après, tout le reste aussi, en langues, bref, et il m’a dit qu’aucune de ces filles n’est devenue ingénieure. Ça veut dire que, après le bac, après oui elles ont fait par exemple, médecine par exemple, mais certaines ont été aussi vers Sciences Po. […] pas dans le technique et en fait au lycée Joffre quand même il y a des prépas par exemple, aucune n’a fait prépa […] scientifique parce que personne ne les pousse réellement à le faire.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [31:23 à 32:58], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

C’est pas vu comme une différence, voilà pourquoi je, une des raisons pour lesquelles je suis féministe aussi, c’est toutes ces injustices. On conditionne, d’une certaine façon, dans l’éducation, dans la socialisation des filles et des garçons, à une certaine voie.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [33:01 à 33:10], 06 janvier 2025.

6.6.4. Le rôle des parents et les stéréotypes sexués

Les parents encouragent seulement 33% des filles à s’orienter vers les métiers du numérique, les parents encouragent à 61% les garçons. […] Ils héritent de la socialisation et des stéréotypes par les parents.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [33:33 à 33:45], 06 janvier 2025.

C’est parce que aussi l’image qu’on a par exemple de l’informaticien, c’est un geek avec des boutons, des grosses lunettes, c’est pas à montrer… (travaille dans le noir un peu sale), c’est un monde qui n’est pas aussi en fait très ouvert aux femmes, mais ça, ça peut se changer, ça, je veux dire, c’est la volonté de l’entreprise et la volonté des écoles. Si elles ont envie d’accueillir des femmes, elles peuvent le faire, elles ont les moyens. En effet, il faut une volonté. Et en fait, c’est important aussi en fait d’accueillir des femmes, parce que je vous ai dit tout à l’heure, en fait, il y a cette problématique de logiciels en fait genrés.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [33:45 à 34:25], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.6.5. Le monde du numérique est un monde d’argent et de pouvoir

Parce que c’est un monde il faut le dire c’est un monde où il y a de l’argent et du pouvoir. […] On n’est pas éduqué de la même manière par rapport à l’argent. […] Les garçons, de manière générale, un garçon en fait, il doit encore gagner sa vie en fait, éventuellement subvenir à sa famille, mais en tout cas, lui, il n’a pas de complexe avec l’argent. […] ça représente le pouvoir. […] On nous fait croire que ce n’est pas pour nous, en tant que fille, le pouvoir, l’argent.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [34:25 à 35:03], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

C’est le monde de l’argent, c’est un monde où on peut bien gagner sa vie c’est un monde aussi où moi j’ai interviewé une amie qui fait qui a fait une reconversion développeuse elle me disait que ses parents avait pas toujours les moyens et pensait que c’était un métier qui était destiné aux gens un peu plus riches et on sait aussi, on en a parlé que, quand, dans le monde des startups, on peut très vite gagner beaucoup d’argent, il faut quand même emprunter et que les banques prêtent moins aux filles, ça c’est un biais aussi.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [35:13 à 35:42], 06 janvier 2025.

Jusqu’à maintenant en fait les banquiers ont toujours du mal ; je crois qu’il y a en fait, de manière générale, elles ont du mal à emprunter et elles empruntent toujours moins que les hommes. Il y a parfois des filles qui mettent en place des techniques et font croire que le dirigeant est un homme pour que le dossier passe mieux voilà et c’est en fait et ça marche malheureusement.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [35:42 à 36:06], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Il y a plus de confiance dans le potentiel des hommes parce que c’est un circuit de socialisation qui s’entretient tout seul quoi finalement.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [36:06 à 36:15], 06 janvier 2025.

Dans le numérique en fait on a ce qu’on appelle les startups, des entreprises qui vont très très vite, qui développent en fait des produits et des technologies innovantes et, comment ça fonctionne, c’est aussi ce qu’on appelle des levées de fonds, donc beaucoup d’argent ça se compte en milliers d’euros, voire en millions d’euros, voire parfois certains, en milliards d’euros. Et là, en fait, on est face à une communication, à un comportement qui est très masculin. Faire des levées de fonds, c’est, entre guillemets, il y a plein de testostérones. En face, les investisseurs ils adorent ça ; justement en fait, ils sont en face de gens qui sont très aventureux, qui ont confiance en eux, voilà, c’est typiquement en fait l’homme en chemise blanche, très dynamique […] et quand la femme peut arriver avec des concepts très intéressants, mais moins flamboyante et bien l’investisseur, il se pose des questions : « est-ce qu’en fait elle va pouvoir répondre justement aux besoins parce que dans quelques temps, elle aura assez d’autorité… Il y a vraiment, on va dire, un cercle vicieux où en fait on nous fait pas assez confiance, les garçons sont entre eux et et puis cette notion de pouvoir aussi peut-être, c’est un petit peu extrême mais quand même, il faut le dire, c’est en fait ils ont envie un petit peu de le garder quand même.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [36:15 à 37:47], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.6.6. L’utilisation du masculin dans la langue qui n’est pas neutre

C’est tout un système ça… Quand je suis allée sur le site de La mêlée, cette association qui vous a reconnue comme experte, dans ce site, il y a pas mal de podcasts de femmes qui ont des métiers dans le dans le numérique ; j’en ai écouté quelques uns. Et puis, j’ai surtout remarqué en première page que tous les noms sont au masculin : on va parler d’adhérents, on va parler d’experts, de collaborateurs, de conseillers, d’utilisateurs, d’indépendants, de startupeurs, de chercheurs, de dirigeants, d’élus, de curieux, ils ont tous en commun la passion du digital et l’innovation. Le langage ne nous invite pas. Quand même. Je vais recevoir Eliane Viennot au mois d’avril ; je me languis déjà de faire l’émission avec elle. Quand on nomme tout au masculin, il y a quelque chose, je veux dire, pour les garçons c’est normal, mais nous, est-ce qu’on se sent invitées de la même façon ? Voyez, il y a peut-être aussi ce petit truc-là.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [38:14 à 39:04], 06 janvier 2025.

Le langage ne nous invite pas.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [38:42 à 38:45], 06 janvier 2025.

6.7. Des actions pour faire face

On a dix minutes pour parler de ce qu’il faut faire, de ce qui est fait, de ce qui est fait depuis longtemps puisque l’État a son rôle à jouer et fait depuis des années des formations pour les filles, des concours pour les filles, on voit que ça bouge pas. Donc, il faut que tout le monde se retire les manches et y travaille. Qu’est-ce que vous connaissez, vous, comme actions à faire ?

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [39:04 à 39:29], 06 janvier 2025.

6.7.1. Aller jusqu’au bout de son action pour l’égalité

Je vais juste revenir sur justement en fait ce que vous avez observé sur le site de La mêlée. Avec la mêlée je fais beaucoup d’actions qui vont dans le sens justement de rendre plus populaire le numérique. […] mais je vois bien qu’en fait il faut être méticuleux et aller jusqu’au bout en fait de son action, voilà, jusqu’au bout de son action. Il ne faut pas rester dans la surface parce que le phénomène est trop important et le monde du numérique va tellement vite qu’il faut en fait rattraper en fait cette problématique d’inéquité.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [39:29 à 40:03], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

Comme pour l’écriture égalitaire par exemple…

Surtout qu’on a inventé un petit point, (nldr : le point médian) au lieu de mettre des parenthèses, pour mettre un autre e entre parenthèses, ou on ne met pas le féminin entre parenthèses c’est dommage, le petit point avec un e à côté, ou alors les dirigeants et les dirigeantes, les chercheurs et les chercheuses si le point médian fait absolument vomir comme certains académiciens et académiciennes, on peut, voilà : qu’on invite les filles à en faire partie quoi de ce monde.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [40:05 à 40:28], 06 janvier 2025.

6.7.2. L’éducation des parents

Il faut continuer les actions actuelles, c’est-à-dire montrer en fait aux femmes, aux jeunes femmes, aux jeunes filles qu’est-ce que c’est le numérique, les métiers. Je pense que le point en fait le plus important, crucial, c’est de continuer à éduquer ou d’éduquer les parents. Voilà, je dirais aux parents que si votre fille est intéressée en fait par les sciences ; aujourd’hui les sciences, c’est quand même à 80% du numérique, et même si c’est pas du numérique, à un moment on dit qu’en 2030 en fait tous les métiers seront en fait plus ou moins numérisés ; donc, il faut bien des gens pour les développer ou pour développer des usages ; et si ça reste aux mains entre guillemets des hommes, il y aura toujours en fait des biais, il y aura toujours un déséquilibre, donc il faut imaginer les parents que c’est normal que votre fille s’intéresse au numérique et c’est normal en fait qu’elle ait envie en fait voilà de découvrir ce monde ; déjà il faut se mettre ça dans la tête.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [40:44 à 41:40], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.7.3. Bien connaître les métiers du numérique

Après, comment mieux connaître le numérique ? Il y a là justement, on est en train de parler en fait des dossiers à monter pour Parcours Sup. Aller dans les salons, des salons pour étudiants, il faut aller chercher les écoles qui font du numérique. […] Montpellier est une métropole qui est en fait labellisé « French tech » depuis le début, c’est-à-dire qu’on est dans une vraie métropole, il y a des bonnes entreprises, des bonnes écoles, une bonne université autour du numérique. Là, on est reconnu et donc il ne faut pas hésiter les parents à amener vos filles voir, découvrir ce monde et vous même découvrir ce monde. C’est un monde qui est vraiment très riche, qui est très intéressant. Après, il y a des livres comme Woman in Tech de Tarah Wheeler, il y a aussi sur Internet, ce qu’on appelle des MOOCS, c’est une sorte de petite formation gratuite qu’on peut faire, parfois ce n’est qu’un documentaire à regarder, mais ça en fait introduit les métiers, ça fait comprendre que c’est autour de nous et il faut savoir quand même que l’IA en fait va accélérer justement le développement de ces métiers numériques. Il faut que les femmes, les jeunes filles ne ratent pas ce virage, sinon on va se retrouver avec des personnes décalées qui en fait ne pourront pas accéder à des métiers qui seront justement bien rémunérés, qui seront l’avenir et qui permettront par exemple d’avoir une très belle carrière, et ça c’est vraiment dommage pour les jeunes filles, les jeunes femmes et ça, en fait, il faut vraiment que les parents se rendent compte qu’il y a réellement un avenir et c’est important parce que il faut y aller maintenant.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [41:40 à 43:25], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.7.4. Le rôle des enseignant·es

6.7.4.1. La sensibilisation à la détection des biais, des stéréotypes

Et les enseignants aussi ? Oui les enseignants aussi. La socialisation ne se fait pas qu’à la famille les enfants passe bien plus de temps entre pair·es à l’école. Les enseignants, je discutais avec une amie sur Facebook avant de venir, elle me disait : « bah tiens, tu parles de l’émission que tu vas faire, il y a une formation pour mes filles dans leur collège sur les métiers » et je lui réponds : écoute ça suffit pas la formation ; s’il n’y a pas de conscience que ces métiers sont genrés encore très fortement, c’est pas parce que tu vas informer sur le métier que… : il faut vraiment que les enseignants apprennent à détecter ces biais de stéréotypes.

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [43:29 à 44:02], 06 janvier 2025.
6.7.4.2. La formation initiale des enseignant·es

Je pense à mon ami Jacques Gleyse qui fut enseignant à l’UFM, l’ex-UFM, et qui se battait pour que dans les formations initiales des futurs enseignants en primaire il y ait des formations à découvrir les biais sexistes et qui, je sais pas si c’est, je sais pas encore si c’est obligatoire, mais si on n’est pas au courant des inégalités et si on n’est pas révolté·es par cette injustice parce qu’il y aura des métiers là-dedans quand même plus tard, on va passer à côté de beaucoup de choses. Vous parliez tout à l’heure de la cour de récréation mais, dans les classes aussi, la façon d’enseigner les mathématiques, la façon de laisser la place aux élèves le plus turbulent qui sont le plus souvent des garçons parce qu’ils sont socialisés à bouger leur corps, beaucoup plus que les petites filles, même si ça change un peu, mais pas suffisamment. Qu’est-ce que vous voyez, qu’est-ce qu’il faudrait faire du côté des enseignants ?

Françoise Mariotti, animatrice de l’émission Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), La place des femmes dans les métiers du numérique [44:05 à 44:49], 06 janvier 2025.
6.7.4.3. Des ateliers avec une réelle mixité et du partage

Moi, j’anime avec, justement le club de la presse, des ateliers qu’on appelle « esprit critique ». C’est amener dans des collèges et des lycées pendant deux heures en fait des activités pour permettre à ces jeunes en fait de se dire Internet, c’est aussi autre chose et qu’il faut faire attention, et, ce que je remarque souvent quand les élèves rentrent dans la classe, c’est qu’il y a les garçons qui vont d’un côté et les filles d’un autre côté, et je pense que c’est le rôle de l’enseignant, à ce moment-là justement, de favoriser une sorte de mixité géographique, d’une mixité aussi dans les rapports entre les élèves, parce que si on les laisse en fait, c’est souvent à partir de la quatrième, si on les laisse tout de suite se mettre dans un coin les garçons, et ben c’est fini. La mixité ne se fait pas. Les réflexions que les garçons et les filles peuvent avoir ensemble ne se fera pas. Les filles vont rester ensemble, les garçons ensemble et donc si les garçons en fait sont ambitieux par exemple ou sont intéressés, ils vont en fait développer cette curiosité et si les filles, en fait certaines filles, ne sont pas sensibilisés et ben elles vont rester avec des filles qui voilà vont pas accéder à ce monde. Donc déjà, cette notion de mixité, oui plus de partage.

Norolanto Razafinimanana, consultante-formatrice en e-réputation marque employeur, La place des femmes dans les métiers du numérique [44:49 à 46:00], Le féminisme de Françoise Mariotti, Radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

6.7.5. Valoriser les filles

L’animatrice, Françoise Mariotti : Valoriser les filles aussi sur leur compétence. Puisqu’on sait que, toutes les études le montrent, le plus tôt possible, il y a moins de confiance en elles sur les choses qui leur paraissent un petit peu moins pour elles, alors qu’elles ont les mêmes compétences, les mêmes, faut le dire, on a le même cerveau quand même, il faut le dire et le redire ça,

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Et on sait qu’en classe en fait, les filles jusqu’au bac en fait, elles sont meilleures.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Exactement en plus, en plus. Elles sont plus diplômées, elles sont meilleures.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Même dans les filières scientifiques

L’animatrice, Françoise Mariotti : Eh oui, c’est comme si on magnifiait, comme dit une amie à moi, une une incompétence apprise, c’est un petit peu dommage quand même. Voilà donc il y a beaucoup de choses à faire.

La place des femmes dans les métiers du numérique [46:02 à 46:40], Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

7. Fin de l’émission

L’animatrice, Françoise Mariotti : Norolanto, on va on va terminer là dessus. Je vous remercie vraiment d’être venue. Je sais que vous allez travailler, là, à Paris. Qu’est-ce que vous allez faire là ?

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Je vais en fait former des masters 2 sur une phase en fait assez précise des campagnes du marketing numérique. C’est intéressant parce que c’est de l’expertise.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Merci beaucoup. Alors, et bon voyage, et bon travail. Mon émission de février, je la consacrerai à la thématique de vieillir en féministe avec Geneviève Duché, qui, entre autres, fait partie du groupe des vieilleuses de l’association Osez Le Féminisme 34. Donc, pour cette année, osez le féminisme ! Merci beaucoup et au mois prochain.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Merci, merci de m’avoir accueillie, merci beaucoup.

L’animatrice, Françoise Mariotti : Au revoir.

L’invitée, Norolanto Razafinimanana : Au revoir.

(Jingle de fin) Le féminisme de Françoise Mariotti.

La place des femmes dans les métiers du numérique [46:40 à 47:51], Le féminisme de Françoise Mariotti, radio FM-plus (91 FM), 06 janvier 2025.

8. Mon regard personnel

8.1. Pour commencer

Nous sommes déjà en 2026 au moment où je suis sur le point de finir de rédiger cet article. Je vous présente donc mes meilleurs vœux pour 2026. Une résolution principale ? Une prise de conscience sur les injustices et les inégalités que vivent les femmes. Derrière les chiffres et les statistiques se terrent la souffrance et la désolation qui ne doivent pas être tues.

8.2. Pourquoi écrire un article dans mon blog sur cette émission ?

Parmi d’autres podcasts de cette émission Le féminisme de Françoise Mariotti, j’ai choisi d’écrire en premier un article sur ce thème car je suis directement concernée par le sujet du jour. Ingénieure de formation, je suis en colère et particulièrement remontée contre le sexisme encore présent dans le secteur des métiers du numérique, et ailleurs.

Ingénieure de formation, je suis en colère et particulièrement remontée contre le sexisme encore présent dans le secteur des métiers du numérique, et ailleurs.

Sonia Kanclerski, article La place des femmes dans les métiers du numérique, Pause-café chez Sonia, 09 janvier 2026.

8.3. Mes données personnelles

8.3.1. Mes statistiques personnelles

  • En 1996, en classe préparatoire scientifique en 1997 à Tours, je faisais partie d’une classe de 38 étudiant·es avec 12 étudiantes : 31, 6%.
  • En 1997, dans une promotion de l’IUT GEII à Tours, nous étions 11 étudiantes sur 120 étudiant·es au total : 9.2 %.
  • En 1999, dans une promotion d’école d’ingénieur·es à l’INSA Toulouse, nous étions 11 sur 48 dans la spécialité Génie Electrique et Informatique option AEI (Automatique Electronique Informatique) : 23 %.

Ces chiffres sont juste désolants et je suis, en 2026, particulièrement inquiète pour le devenir des jeunes femmes.

Pour en savoir plus sur mon parcours personnel :

8.3.2. La visibilité à l’ère de l’informatique

De plus, je souhaite insister sur ce qui a été dit durant l’émission : l’importance d’Internet et des métiers de l’informatique et du numérique. Pour toucher le plus grand nombre de personnes, pour se faire connaître, Internet est en effet devenu incontournable. Pour une entreprise, disposer d’un site web est un atout considérable. Ce n’est pas un hasard si on associe l’informatique aux sciences de l’information et aux métiers de la communication et aux médias de masse. L’informatique est devenue une science avec un pouvoir et un impact considérables dans la vie quotidienne.

8.4. Mon avis personnel sur le monde du numérique

Je suis très amère et en colère de faire ce constat : au XXIe siècle, les hommes ne se sentent objectivement pas concernés par la question de l’égalité et le respect et l’application dans la vie quotidienne des droits des femmes, notamment à l’accès à l’autonomie financière et à une carrière professionnelle épanouissante pour les femmes, notamment dans les lieux de pouvoir, d’argent, de prestige. Pourquoi un tel avis qui semble lapidaire au premier abord ? Seulement au premier abord car si on regarde de plus près, les faits sont indiscutables, ne peuvent contredire mon assertion, mon avis bien ferme. Dans les points suivants, je partage des constats, je raconte des histoires, je développe des idées, je propose des actions pour faire avancer, progresser la réponse à la question de société de l’égalité, du vivre-ensemble. Je m’adresse à toutes et à tous et j’invite les hommes à changer ostensiblement de comportement. Bonne exploration !

8.4.1. Le déni des hommes

8.4.1.1. L’absence des hommes sur la question de l’égalité et des droits des femmes

On peut mesurer et observer cette absence notable des hommes dans les grands événements mettant en avant les actions pour l’égalité, les actions pour lutter contre les violences masculines, ou pour mieux faire connaître le travail, l’œuvre des femmes. A ces manifestations socioculturelles, il y a très peu d’hommes et quand il y en a, souvent ils critiquent, interpellent ou mettent en doute le contenu sans que d’autres hommes devenus soudainement mutiques interviennent pour infirmer leurs propos. Injustice, j’écris ton nom !

8.4.1.2. L’historique non-légitimité des femmes

Au fil du temps, je me suis interrogée sur cette absence marquée des hommes et j’ai essayé de comprendre pourquoi si peu d’hommes étaient présents à ces événements. J’ai pensé en vrac à ces raisons : le désintérêt parce que cela ne concernerait que les femmes, la peur d’un préjudice, d’une perte (plus de femmes = moins d’hommes), la peur de constater l’ampleur de la catastrophe, le « je m’en foutisme », le mépris, les préjugés sur les causes des inégalités et des injustices, la peur du changement… J’en ai trouvé une que je souhaite mettre en avant : le poids du passé incitant les hommes à l’inertie et les femmes à y aller sur la pointe des pieds, en tâtonnant. Pour illustrer mon propos, je vais la raconter à travers une fable que j’ai intitulée : L’histoire du chasseur et des oiseaux sur un fil électrique.

L’histoire du chasseur et des oiseaux sur un fil électrique

Un chasseur voit dix oiseaux installés sur un fil électrique. Il tire avec son fusil et en tue un. Combien reste-t-il d’oiseaux sur le fil ? Au premier abord, on pourrait répondre, comme en mathématiques, 10 – 1 = 9 oiseaux. En fait, dans la réalité, 0 : aucun car, au bruit et au constat funeste du coup de fusil, tous les autres se sont envolés et… aucun ne voudra prendre le risque de revenir à cause de la raison de leur fuite : le danger, l’insécurité. Même si aucun chasseur ne reviendra dans les parages. L’endroit est devenu inhospitalier pour les oiseaux.

Quel est le rapport avec la présence des femmes et des filles dans le monde du numérique, les universités et les lieux de savoirs ? En France, les femmes ont été interdites d’étudier dans les universités jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les femmes n’ont pu passer le même baccalauréat qu’à partir de 1924. Les hommes avaient donc déclaré la présence des femmes illégitime, surtout dans le monde des sciences. A la Sorbonne, une manifestation d’hommes s’était tenue pour maintenir l’interdiction de la présence des femmes à l’université. Maintenant, les femmes ont obtenu ce droit mais à quel prix ? Aujourd’hui, les hommes se conduisent comme s’ils ignoraient CE passé, se comportent comme si les hommes et les femmes commençaient sur le même pied d’égalité alors que l’histoire dit tout autre chose. En fait, les femmes partent avec du retard dans l’acceptation. Et c’est vrai dans bien des des domaines de la vie quotidienne.

Quelle incidence sur les femmes ? Le sentiment d’illégitimité, de ne pas se sentir légitime à être, à faire, parce que femme. Ce n’est pas seulement une histoire de compétences personnelles, de qualités cognitives mais en fait d’être en mesure de pouvoir utiliser ses ressources personnelles pour apprendre dans un environnement épanouissant. Peut-on parler d’un environnement, d’un cadre épanouissant pour une personne, ici une femme, quand la moitié de l’humanité, les hommes, restent dans le déni ou se pavanent comme si rien d’injuste n’avait eu lieu ? Les hommes ont le devoir de rendre hospitalier, accueillant ces lieux pour les femmes. Sans l’ombre d’un doute. Pourtant, les hommes sont les grands absents de ces actions. Pire, il m’arrive d’écouter qu’ils attendent que l’on exprime une histoire édulcorée, galvaudée, arrangeante, du moins pas trop dérangeante pour eux. Soupirs amers. Personnellement, je le vis très mal. Du mépris des hommes à l’égard des femmes qui ne veut pas dire son nom. Quand on le fait remarquer, on reçoit une fin de non-recevoir. Merci pour noues.

Quelle incidence sur les femmes ? Le sentiment d’illégitimité, de ne pas se sentir légitime à être, à faire, parce que femme.

Sonia Kanclerski, paragraphe L’historique non-légitimité des femmes, article La place des femmes dans les métiers du numérique, Pause-café chez Sonia, 09 janvier 2026.
8.4.1.3. L’auto-proclamation « Pas tous les hommes » et l’étiquette « Mais je suis gentil quand même »

Parmi les hommes actuels, beaucoup prétendent être gentils parce qu’ils ne font rien de mal. Waouh ! Bravo ! Vous voulez une médaille ? Mais ne rien faire de mal n’est absolument pas suffisant, messieurs !

De plus, beaucoup d’hommes viennent voir les femmes pour proclamer leur gentillesse, dire qu’ils sont leurs alliés. Ces hommes qui se prétendent gentils se trompent de cible : ils ne doivent pas venir à la rencontre des femmes pour proclamer leur gentillesse mais plutôt aller à la rencontre des personnes décisionnaires, dans l’écrasante majorité des cas, des hommes, pour affirmer ostensiblement la légitimité des femmes à être présentes et à obtenir le même statut que les hommes : les mêmes pouvoirs, salaires, opportunités dont les femmes ont été écartées dans le passé. Malheureusement, rien de tel ne se produit dont on peut en faire le constat objectivement. Les hommes s’obstinent à vouloir obtenir l’étiquette « Mais je suis gentil quand même ». Eh bien non : « merci mais non merci ! ». Tant que des actions d’envergure de la part des hommes façon « nettoyage des écuries d’Augias » à la hauteur du préjudice subi par le passé à cause d’eux n’auront pas lieu, la légitimité des femmes à faire de la science, à être actrice de leur carrière professionnelle et scientifique sera discutée : sur le rayon d’actions, sur les compétences, sur le salaire, sur le temps de travail, sur la retraite, etc.

Alors, messieurs, on se bouge (vraiment) ?

8.4.2. La menace du stéréotype

Pour commencer, je souhaite partager un livre écrit par Jacques Gleyse, mentionné par l’animatrice Françoise Mariotti dans son émission et que j’ai lu. Il s’intitule Le genre de l’école en France : de la mixité à l’inégalité occultée, avec le sous-titre : Expérimentations et propositions de transformations. Il est très instructif, s’appuyant sur des recherches portées par des docteur·es en sciences de l’éducation. Il invite à la réflexion… et à l’action.

8.4.2.1. Un livre sur le genre de l’école en France

Ce livre est à lire notamment pour les enseignant·es pour faciliter la prise de conscience des biais sexués dans la manière d’enseigner et son impact dans le développement, l’épanouissement des élèves et futur·es adultes.

8.4.2.2. L’impact des stéréotypes sur les enfants et les adultes

La menace du stéréotype n’a pas eu d’impact sévère sur moi ; cela aurait pu être le cas mais j’avais bien pris conscience assez tôt dans ma vie de l’existence de ces stéréotypes, saisi les implications et donc j’ai pu minimiser son impact dans ma vie. Ouf ! Pourquoi j’ai pu m’en tirer ? Car je suis objectivement forte en sciences, notamment en mathématiques, en philosophie des sciences et dans les sciences de l’éducation et de l’information, ce qui fait que les stéréotypes sexués n’ont pas d’effets significatifs sur mes résultats. Re-ouf ! Mais… j’en ai été personnellement témoin bien des fois. Malheureusement… Entre autres : lors de révisions de mathématiques pour le bac avec un copain trop prompt à se lancer à la résolution d’un problème sans prendre le temps nécessaire à la réflexion ou lors d’un cours impromptu donné à une élève de terminale ES prenant au contraire trop de temps à se lancer avec la méthode pourtant adéquate. Tellement et tristement cliché donc.

Seulement un témoignage personnel isolé ? Non, il s’agit d’une problématique étudiée par les sociologues et les expert·es dans les sciences de l’éducation. Elle est bien sûr abordée dans le livre que je viens de citer au paragraphe précédent. Je partage deux autres sources sur le sujet : une vidéo sur le sujet ainsi qu’un colloque de l’association Femmes et mathématiques, accompagné d’un lien sur la présentation d’une conférence de Cristina Aelenei traitant le sujet (document PDF à télécharger).

Stéréotypes de genre dans l’enseignement des mathématiques, Methode Heuristique, 5 déc. 2024
8.4.2.3. Le rôle du processus d’identification et l’absence de modèle féminin

Le nombre de femmes pésentes dans les classes contribue au processus d’identification au sein d’un groupe pour pouvoir y entrer de plain-pied, pour pouvoir s’insérer et être acceptée. Le processus d’identification joue un rôle prépondérant dans l’apprentissage pour permettre de performer dans un cadre bienveillant. Ce rôle est expliqué par Hugo Duminil-Copin, mathématicien et médaillé Fields en 2022, dans l’émission La conversation scientifique partie Les mathématiques et les femmes [42:21], animée par Etienne Klein, philosophe des sciences, sur la radio France Culture. Visionner cette partie Les mathématiques et les femmes [42:21-48:50] dans son intégralité pour apprécier les éléments de réponse apportés par l’animateur et son invité du jour.

Hugo Duminil-Copin : « En mathématiques, aller vers ce qu’on ne comprend pas, c’est aller plus loin », Les mathématiques et les femmes [42:21], La conversation scientifique, France Culture, 21 novembre 2023

8.4.3. Mon point matrimoine personnel

A mon tour, je fais mon point matrimoine et je choisis de mettre deux femmes à l’honneur comme dans l’émission.

8.4.3.1. Hedy Lamarr, la femme qui est à l’origine de l’un des principes fondateurs du Wifi

En lien avec le thème du jour, je choisis Hedy Lamarr, qui est à l’origine de l’un des principes fondateurs du Wifi.

Crédits : Hedy Lamarr, Université Paris Cité.

Je partage trois articles web sur sa biographie :

8.4.3.2. Katherine Johnson, la femme qui a contribué à envoyer pour la première fois un homme sur la Lune
Katherine Johnson, Centre de recherches Langley (Virginie occidentale), 1962. Crédits : NASA/Getty Images, AFP.

Je partage deux articles : un premier de l’encyclopédie Wikipédia FR et un deuxième du journal Le Monde.

J’ai découvert cette scientifique avec le film Les Figures de l’ombre, sorti en 2016, qui constitue une adaptation du livre du même nom de Margot Lee Shetterly mettant en scène les calculatrices afro-américaines Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson qui ont contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

8.4.4. Des actions à faire pour lutter contre le manque de femmes dans le monde du numérique

8.4.4.1. Un constat préalable déchirant : le monde actuel n’est pas mixte

Tout d’abord, faire le constat déchirant que le monde actuel n’est pas mixte. C’est dur à écrire et sans doute à lire aussi mais c’est la réalité des faits. Après les événements de mai 1968 en France, des discussions ont bien eu lieu sur la parité et la mixité. Ainsi, par exemple, l’école mixte se généralise en France avec la loi Haby de 1975, très récent donc, mais, s’il y a bien un mélange de personnes, des hommes et des femmes, force est de constater objectivement que la société française n’est pas mixée socialement. Dit autrement, les hommes et les femmes travaillent difficilement de concert. Dans ces conditions, on ne peut pas envisager une approche identique pour les hommes et les femmes pour lutter contre les injustices, notamment dans le domaine des sciences et du numérique. Ce constat vaut pour toutes les autres sphères de la condition humaine. Nous devons agir ensemble mais, s’il peut avoir des actions communes, d’autres actions spécifiques doivent être menées de front par les femmes et par les hommes. Bien sûr, ce constat rejoint logiquement ce qui a été dit par l’animatrice et l’invitée dans l’émission.

Donc, à présent, je vais formuler des actions qu’il me semble important de suivre pour contribuer à ce que les femmes trouvent leur juste place dans les métiers du numérique : tout d’abord, je vais partager des actions que nous devons suivre ensemble ; ensuite, je parlerai des actions spécifiques à faire pour les femmes ; enfin, je présenterai des actions spécifiques à faire pour les hommes. Pour que des résultats positifs puissent être observables, ces actions doivent être réalisées en même temps, sinon c’est l’inertie, c’est le status quo et nous ne progressons pas. Et, dans ce cas précis, stagner, c’est un signe de régrès social.

8.4.4.2. Des actions à faire ensemble

Je vois trois grandes catégories d’actions à faire ensemble pour contribuer à la présence des femmes dans le monde du numérique : lutter contre les stéréotypes sexués, mettre en place une mixité réelle, favoriser les femmes. Le point commun de ces actions est l’éducation.

  • Agir pour lutter contre les stéréotypes sexués : il n’y a pas de jouets pour les filles et de jouets pour les garçons, il y a des jouets pour les enfants. Il n’y a pas de cerveau féminin ou de cerveau masculin du fait de la plasticité tout à fait remarquable du cerveau. Il n’y a pas de rôle social spécifique à imposer à une fille ou à un garçon en particulier, sauf si on projette ses propres idées préconçues : des préjugés dont on sait maintenant qu’ils sont faux. C’est important pour le développement, l’épanouissement de futur·es adultes.
  • Agir pour mettre en place la mixité sociale : à chaque fois que c’est possible, favoriser le mélange, le pluralisme, la diversité dans les groupes de personnes : les classes, promotions à l’école, les effectifs dans les entreprises, les adhérent·es dans les associations, etc. En allant à la rencontre d’une personne différente de soi, on prend connaissance d’une autre manière de faire, d’une façon différente de s’y prendre pour faire et on fait donc reculer les préjugés, les projections personnelles et on se rapproche de la réalité.
  • Agir pour favoriser les femmes : oui, j’ai bien écrit favoriser ; ce n’est pas une injustice pour les hommes. En effet, il s’agit simplement de rétablir numériquement le déficit historique de l’absence des femmes du fait de lois liberticides contre les femmes pour accéder à des lieux de pouvoirs et de savoirs, notamment les universités jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale en France.

Pour ces trois types d’actions, on peut noter un point commun : l’éducation. L’éducation à la maison et aussi à l’école. Ce point a été longuement abordé dans l’émission, je redis donc ici son importance pour contribuer à changer significativement cette injustice contre les femmes.

8.4.4.3. Des actions spécifiques à faire pour les femmes

Quelles actions spécifiques inviterai-je les femmes à suivre pour se construire une carrière professionnelle satisfaisante et vivre de manière épanouie ?

Avoir en tête toujours deux mondes pour un même objectif : pouvoir exercer son métier sans subir de plein fouet les stéréotypes et autres injustices dirigées contre les femmes parce que femme. Quels sont ces deux mondes auxquels je pense ? Pour le premier monde : faire partie du monde du travail où les hommes sont en nombre et où les injustices perdurent pour faire évoluer les mentalités par sa seule présence. Pour le deuxième monde : faire partie d’un monde où il y a une entraide entre les femmes, de la solidarité pour le vécu de la carrière professionnelle avec deux mots-clés : mentorat et sororité. L’idée est aussi de pouvoir passer facilement d’un monde à l’autre.

Si un coup dur arrive, pouvoir aller dans un monde plus reposant pour se ressourcer. En fait, ce monde solidaire, basé sur de l’entraide peut se baser sur du mentorat. Pouvoir être soutenue et surtout pas isolée en cas de pépins quels qu’ils soient. Une carrière, ce n’est pas nécessairement une route linéaire sans embûches, telle que trop souvent on se le représente. Pouvoir anticiper les difficultés avec une structure accompagnatrice, experte précisément sur cette problématique est vraiment souhaitable. Cela peut être une association, un·e coach, un·e expert·e familarisée à ces questions. Et, donc, oui, ne pas travailler en solo, même si on fait le choix d’un travail solitaire.

Ainsi, apprendre à prendre des distances avec le monde viriliste individualiste et apprendre à se rapprocher d’un monde sorore, où l’on écoute les difficultés traversées avec empathie.

Sonia Kanclerski, paragraphe Des actions à faire pour les femmes, article La place des femmes dans les métiers du numérique, Pause-café chez Sonia, 09 janvier 2026.

De plus, la sororité est à développer car cette problématique de la place des femmes dans le monde du travail, notamment dans les sciences, est finalement assez nouvelle dans l’histoire. En effet, les femmes ont toujours travaillé mais leur travail n’était pas reconnu par les hommes et cela n’a pas beaucoup évolué. On peut le voir sur les questions de l’argent, des salaires et du patrimoine et de leurs transmissions.

Je partage deux liens sur deux associations : Femmes ingénieures et Femmes et Sciences, pour exprimer l’aspect concret des actions à accomplir. Ces associations ont une histoire relativement jeune mais leur existence montre un besoin réel de promouvoir la science pour les femmes, de mettre en valeur leurs compétences. Pour que leur absence dans ces lieux de pouvoirs ne se fassent pas à leur détriment.

Avec le mentorat et la sororité, on pourra faciliter les prises de conscience de tout le monde et donc, personnellement, je pense qu’il faut agir sur ces deux aspects-là de la vie professionnelle d’une femme, dans le monde du numérique et dans le monde en général. Si j’avais pu avoir cette démarche concrète plus tôt dans ma vie, j’aurais évité bien des écueils.

8.4.4.4. Des actions spécifiques à faire pour les hommes

Quelles actions spécifiques inviterai-je les hommes à suivre pour faire en sorte que les femmes obtiennent leur juste place dans les métiers du numérique ?

Lutter ostensiblement, surtout avec les hommes décisionnaires, contre les injustices dont les femmes sont victimes.

Comment ? Avec quelles actions concrètes dans la vie quotidienne ? Je liste des actions dans le paragraphe suivant.

  • se renseigner régulièrement sur ces questions pour faire tomber ses propres croyances et préjugés : lire des livres ou écouter des conférences sur le sujet,
  • proposer des noms de femmes pour des promotions, pour des augmentations de salaire,
  • agir sur les effectifs pour plus de présence de femmes, pour la mixité sociale,
  • dénoncer devant tout le monde les blagues graveleuses, les blagues de cul à la machine à café (cela n’a pas la même conséquence si c’est une femme qui le fait),
  • ne pas venir voir les femmes pour dire « je suis un homme gentil, un homme bien »,
  • encourager les femmes et les filles de son entourage,
  • recadrer les hommes et les garçons de son entourage en cas d’injustice quelle qu’elle soit,
  • etc.

Cette liste n’est pas exhaustive et peut en fait s’appliquer à toutes les autres sphères de la société, pas uniquement le monde du numérique. Là, comme ça en passant, je m’adresse aux lecteurs (masculin pluriel exclusif) : combien d’actions de ce type avez-vous personnellement fait ? Combien de livres lus ? Combien d’autres hommes de votre entourage ? Une réponse me vient assez vite : « pas assez ». Une réponse banalement fréquente quand il s’agit des droits des femmes. Pourtant, le devenir de vos filles, soeurs, compagnes de vie est en jeu…

8.5. Un exemple de réussite collective d’un plan social en France

Je rajoute ces mots au titre : quand on y met les moyens et tout « le cœur à l’ouvrage » à tous les niveaux et non des mesurettes.

Alors quel est le plan social en France qui aboutit à une réussite collective objective auquel je pense et qui me fait dire que c’est possible de faire de même pour bien d’autres questions de société ? La sécurité routière. Voici ce que j’en pense du point de vue de cioyenne.

Dans les années 70, avant ma naissance, on comptait environ 15000 mort·es sur les routes de France. Actuellement, les statistiques sont de l’ordre de 3500. C’est toujours beaucoup ; d’aucuns diront trop mais la baisse est objectivement significative. Alors, que s’est-il passé pour qu’on en arrive à un tel résultat, même s’il reste encore à faire pour faire diminuer ce nombre macabre. Une politique drastique, sans équivoque avec une vision à long terme, tous bords politiques confondus, avec plusieurs actions, même et surtout… impopulaires !

Ensemble, on peut citer les actions suivantes :

  • Le port obligatoire de la ceinture de sécurité,
  • Le permis à points,
  • Le contrôle technique obligatoire tous les deux ans pour tous les véhicules, y compris les motos récemment.
  • Un taux d’alcoolémie maximal à respecter et la mise en place de la loi Evin,
  • La fiabilité des véhicules : amélioration de la carrosserie, des freins, installation d’airbags, de radars de recul, d’aides à la conduite, etc,
  • L’obligation d’utilisation de sièges-auto adaptés pour les enfants,
  • L’amélioration des routes : multiplication des ronds-points pour fluidifier le trafic routier, amélioration de la qualité de la chaussée, disparition des « 3 voies », diminution du nombre de passages à niveaux, etc,
  • Un contrôle routier plus strict,
  • L’installation de radars automatiques,
  • Des campagnes de prévention plus dures.

Il existe sans doute d’autres actions que je n’ai pas écrites dans la liste. Pour en savoir plus, lire, entre autres, l’article Accident de la route en France sur Wikipédia FR par exemple.

Donc voilà, l’application de toutes ces mesures et/ou actions a abouti en quelques décennies à observer une nette diminution de la mortalité des usagers de la route et, quels que soient les gouvernements au pouvoir. En appliquant strictement des actions concrètes avec une volonté politique non défaillante sur une longue durée, on peut donc y arriver ! A quand une politique avec cette vision à longs termes pour les femmes dans le monde des sciences ? Et dans les lieux de prestige ? Et dans les lieux de pouvoirs ?

8.6. Mes musiques personnelles

Je n’ai pas pu départager mon choix entre deux musiques alors j’ai choisi les deux 🙂

8.6.1. We Are The Others du groupe Delain

Comme première musique, je choisis la chanson We Are The Others du groupe de metal symphonique néerlandais Delain pour le message qu’elle transmet : sur la manière de se comporter face à autrui, une autre personne que soi, humaine comme soi. Elle a été écrite en hommage à Sophie Lancaster. Du pouvoir d’accepter l’humanité sous toutes ses formes. On ne doit jamais s’arrêter à une représentation figée de notre humanité car celle-ci est protéiforme. Pareil pour les rapports sociaux de sexe femmes / hommes.

We Are The Others du groupe de metal symphonique néerlandais Delain

Paroles de la chanson We Are The Others

I'm walking with Sophie tonight
She lives in the air that I breathe
I can't get it out of my mind
How you were left to bleed
Was it how you dressed?
Or how you act?
I can't believe
How they could act so violently
Without regret
We will not forget
We are the others
We are the cast outs
We're the outsiders
But you can't hide us
We are the others
We are the cast outs
You're not out there on your own
If you feel mistreated
Torn and cheated
You are not alone
We are the others (we are the others)
As simple as air in your lungs
As simple as words on your lips
And no one should take that away
No one should argue this
Now with our heads up high
We'll carry on
And carry out
That we won't let them get us down
Or wear us out
'Cause we are not alone
We are the others
We are the cast outs
We're the outsiders
But you can't hide us
We are the others
We are the cast outs
You're not out there on your own
If you feel mistreated
Torn and cheated
You are not alone
We are the others (we are the others)
Normal is not the norm
It's just a uniform (we are the others)
Forget about the norms (we're the outsiders)
Take off your uniform (we are the others)
We are beautiful (we are the others)
We are the others
We are the cast outs
We're the outsiders
But you can't hide us
We are the others
We are the cast outs
You're not out there on your own
If you feel mistreated
Torn and cheated
You are not alone
We are the others (we are the others)
We are the others (we are the others)
We are the others

8.6.2. Baba Yetu de Christopher Tin

Comme deuxième musique, je choisis la musique Baba Yetu de Christopher Tin pour le fait qu’elle constitue le générique d’un jeu vidéo, un monde où l’on trouve beaucoup de geeks ou aussi des nerds, des personnes passionnées d’informatique ou de technologies. Cette musique a la particularité d’avoir obtenu un Grammy Award, fait rarissime si ce n’est unique pour un générique de jeu vidéo. Le jeu vidéo en question est Civilization IV qui permet de « refaire le monde », de revisiter l’histoire de l’humanité, surtout marquée par des luttes de toutes sortes. Pour quel avenir ou plutôt pour quel devenir ? Accroche du générique en VO : « What will your civilization stand for? ». Une traduction française possible : « Pour quel devenir votre civilisation se dresse-t-elle ? »

Christopher Tin – Baba Yetu (Official Video) feat. Soweto Gospel Choir, générique du jeu vidéo Civilization IV

8.7. Des livres à lire et des conférences à écouter

8.7.1. Des livres à lire

Voici des livres que je suggère de lire pour approfondir ses connaissances sur le thème de la place des femmes dans le monde du numérique et dans les sciences.

Un livre sur la place des femmes en informatique :

Un livre sur les femmes ingénieures en France (une révolution trop gentille selon moi) :

Un livre sur les pionnières (voir le chapitre Intellectuelles et scientifiques page 106) :

Un livre sur la place des femmes dans le monde du travail, sur la carrière professionnelle des femmes :

8.7.2. Des conférences à écouter

Je partage un colloque et deux conférences sur le thème de la place des femmes dans le monde des sciences :

Colloque « LES FEMMES ET LA SCIENCE »  : 4 conférences d’Éric Lowen, Olga Antonova et Françoise Mariotti, données lors de la Journée internationale des droits des femmes 2013, UPP ALDERAN.
Présentation lors d’une conférence de presse, organisée par la délégation aux #DroitsDesFemmes, du rapport d’information de Marie-Do Aeschlimann, Jocelyne Antoine, Laure Darcos et Marie-Pierre Monier, rapporteures, sur la place des femmes dans les sciences, chaîne Sénat, 10 octobre 2025.
La place des femmes dans la science, où en est l’égalité ? | Evelyne Nakache, ACTISCE Patronage Laique Jules Vallès, 7 mars 2025.

Conclusion

Et donc, pour finir cet article, deux questions s’invitent :

Quand en France considérera-t-on que la parité est synonyme de normalité ?

Quand en France pourra-t-on parler d’égalité réelle dans le monde du numérique, dans le monde des sciences et partout ailleurs ?

J’espère bientôt mais pas assez tôt selon moi. Je soupire d’amertume.

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